Et si le modèle de l’unité de la ville était essoufflé ?

Plusieurs problèmes de Casablanca viennent du régime électoral.

Le Conseil de la ville de Casablanca ne sait plus où donner de la tête depuis le discours du Roi du vendredi 11 octobre. Le maire et son bureau sont en réunion ouverte depuis samedi. La propreté, l’assainissement, l’éclairage public, l’habitat anarchique… sont déjà à l’ordre du jour. Question : un bureau qui a été incapable de réunir le quorum nécessaire pour le vote du budget de la ville pour deux années consécutives saura-t-il résorber à coup de réunions marathon des problèmes que les dissensions entre partis ont contribué à aggraver ? Et si le régime de l’unité de la ville, tel qu’il a été appliqué dans la métropole était à l’origine de tous ces maux ? Car ce n’est pas parce que le régime en lui-même est foncièrement inadapté. Loin de là, des villes comme Agadir, Fès, ou encore Tétouan et Marrakech s’en sortent bien.

Mais il ne faut pas oublier que ces villes sont dirigés par des partis majoritaires, l’USFP à Agadir, soutenu par le PJD, une alliance formée majoritairement des mêmes PJD et USFP à Tétouan… Ce qui pousse certains analystes à préconiser une refonte globale de ce régime. Quelques pistes de travail : séparer l’élection du maire de celle du Conseil de la ville. Dans la formule actuelle, le maire est élu par les autres membres du conseil. Son élection est souvent accordée contre des dérogations qu’il concède à ses supporters, sans pour autant garantir une discipline de vote le moment venu. Si le maire était élu au suffrage direct, il pourrait imposer sa propre politique et choisir l’équipe avec qui il peut travailler. 

Autre piste : considérer la ville comme une seule circonscription, chaque parti proposant sa liste. On aboutira à un conseil formé de deux ou trois partis. Autre suggestion : relever le seuil électoral. On finira de la même manière avec une short-list de deux ou trois partis.