En manque de devises, les banques s’arrachent les MRE

La Banque Populaire accapare une part de marché de 53%.

Le rituel se renouvelle  à chaque période estivale : les offensives commerciales des banques pour capter la clientèle des Marocains résidents à l’étranger (MRE) se multiplient. Mais cette année la concurrence est particulièrement acerbe. Il faut dire que tous les établissements de la place ont plus que jamais besoin de cette manne dans l’actuel contexte de tensions sur les liquidités sans compter que le gâteau a tendance à se rétrécir avec la crise économique dans les pays d’accueil des MRE.
Dans ce sillage, les banques ont toutes veillé à muscler leurs offres classiques : comptes sans frais de gestion et rémunérés, transferts de fonds à tarifs préférentiels et conditions avantageuses pour les crédits immobiliers. Des prestations axées sur les nouveaux moyens électroniques prennent également une place croissante dans les catalogues.

Les banques jouent aussi des coudes pour étendre leurs partenariats internationaux. Un atout qui, tout comme la banque à distance, est vital pour doper les flux des transferts de fonds qui restent le filon le plus porteur sur le marché des MRE (59 milliards de DH transférés en 2011), ce qui est à lier au fait que 75% des flux financiers provenant des MRE sont destinés au soutien familial. Dans cette course, la Banque Populaire conserve une très confortable avance, avec une part de marché de plus de 53% sur le total de dépôts détenus par les MRE qui atteignent eux-mêmes 136 milliards de DH (21% des ressources clientèle du système bancaire). La banque est bien partie pour conserver son leadership car en dépit de l’effervescence, la répartition du marché n’a pas sensiblement changé sur les derniers mois : près de 27% de part de marché pour Attijariwafa bank, autour de 10% pour BMCE, environ 3% chacun pour le Crédit du Maroc et Société Générale et moins de 2% chacun pour BMCI, CAM et le CIH.