Élections professionnelles : les électeurs rejettent le syndicat du PJD

• La débâcle électorale de l’UNTM renseigne également sur la chute de popularité du parti. Les deux étant indissociables.

Al’heure de l’écriture de ces lignes, les résultats définitifs des élections professionnelles, tenues le 16 juin dans le secteur public et qui se poursuivent jusqu’au 20 dans le privé, n’étaient pas encore tombés. Mais d’après les remontées d’informations du terrain, il est clair que le grand perdant de ces échéances est l’UNTM, le bras syndical du PJD. Dans l’Enseignement supérieur, la Justice, la Santé,… mais aussi dans certains secteurs les Télécoms, le syndicat islamiste a subi un échec cuisant. Plusieurs analystes politiques parlent déjà de ces élections comme un avant de ce que seront les prochaines élections du 8 septembre. L’UNTM fait les frais de son affiliation au PJD, c’est incontestable. En fait, les deux ne font qu’un. Ils forment un seul groupe parlementaire à la deuxième Chambre et les meetings publics des syndicats, à l’occasion du 1er Mai, sont encadrés par les dirigeants du parti. En conséquence, une chute aussi brutale de la popularité du syndicat renseigne sur celle du parti. Le syndicat comme le parti font aujourd’hui les frais de l’usure du pouvoir et surtout des nombreuses décisions impopulaires prises par le PJD et soutenues par l’UNTM. C’est le premier enseignement qu’on peut déjà tirer de ces élections des délégués du personnel et des membres des commissions paritaires. Pour ce qui est du deuxième enseignement, il est manifeste que les salariés et surtout les fonctionnaires ont préféré voter pour les listes indépendantes et les syndicats sectoriels qui ne relèvent d’aucune centrale syndicale. L’implication de ce vote sanction pour le syndicat et le parti islamiste et, dans une moindre mesure pour les grandes centrales syndicales, sera perceptible au niveau du classement des syndicats les plus représentatifs. Lesquels s’assoient évidemment avec le gouvernement autour de la table des négociations dans le cadre du dialogue social. L’un des objectifs des élections professionnelles étant également de former le collège électoral qui va désigner les représentants des employés, du public comme du privé, à la deuxième Chambre, il est également attendu qu’il y ait un changement à ce niveau.