Elections : encore un conflit entre la majorité et l’opposition !

Le PJD et le PPS accusent l’opposition de recourir au chantage politique.

L’escalade, c’est ce que promet l’opposition. Pour le quatuor, l’Istiqlal, le PAM, l’USFP et l’UC, le fait de se retirer des travaux de la commission de l’Intérieur, lundi 9 mars, n’est que le début d’un bras de fer qui risque de s’éterniser. Le boycott intervient au moment où démarrait à peine l’examen de la loi organique des régions, l’un des trois textes portant sur les collectivités territoriales. L’opposition reproche au gouvernement d’avoir préparé les textes sans l’avoir associée sérieusement. Ce qui est une entorse au principe de concertation constitutionnellement consacré. Elle rejette, de même, la mise en place d’une «commission nationale des élections» dans laquelle siège, de surcroît, le ministre PJD de la justice. Au-delà de la revendication d’une commission indépendante, l’opposition exprime sa crainte que le poste de ministre, supérieur hiérarchique du ministère public, soit utilisé pour intimider les adversaires électoraux de son parti. En même temps, elle s’est dite surprise de voir l’Exécutif fixer un vendredi comme jour de scrutin.

En gros, les quatre formations qui ont tenu une conférence de presse pour expliquer leur action dénoncent «l’entêtement de l’Exécutif qui refuse de manière catégorique toutes les propositions émanant des partis de l’opposition». En réaction, les partis de la majorité qualifient le comportement de l’opposition de «chantage politique» selon une déclaration d’Abdellah Bouanou, chef de groupe parlementaire du PJD. Le PPS, dans un communiqué diffusé par son bureau politique, estime que le comportement de l’opposition «a pour objectif d’entraver l’action normale des institutions et risque de vider l’action politique de son sens». En définitive, la majorité entend recourir à l’article 65 du règlement intérieur qui autorise la poursuite des travaux de la commission avec la présence du tiers de ses membres.