Elections CGEM : les abstentionnistes ont parlé…

A peine 2 937 voix se sont exprimées sur un total théorique de 8 000 voix.

Les élections de la CGEM ont eu lieu et le tandem Miriem Bensalah Chaqroun-Mohamed Talal est donc élu pour un nouveau mandat de trois ans. Evidemment, ce fut un scrutin sans suspens, comme prévu, puisqu’on était en présence d’une candidature unique. Et c’est probablement aussi pour cette raison que même les membres de la confédération ne se sont pas vraiment mobilisés pour venir aux urnes.

La preuve, ce mardi 12 mai, les votants n’étaient pas nombreux à en croire le décompte final : le tandem élu l’a été avec 2892 voix sur un total de voix exprimées de 2 937, sachant que le nombre total théorique de voix est d’environ 8 000. En d’autres termes, et pour rester dans le jargon électoral, le taux d’abstention à cette assemblée du 12 mai a été d’environ 64%. Fut un temps où l’élection du patron des patrons constituait un des événements phares de l’année et où le fauteuil était âprement disputé pour le grand bien de la CGEM. Car, en plus de l’abstentionnisme, une candidature unique en soi n’est jamais un bon signe. D’abord parce que cela peut vouloir dire que les patrons se désintéressent de leur confédération, auquel cas il y a de quoi s’interroger, connaissant le rôle fédérateur qu’a joué la CGEM dans le passé à des moments cruciaux de l’histoire du secteur privé. D’un autre côté, la candidature unique suppose qu’il n’y a pas de compétition.

Ce n’est donc pas forcément la meilleure manière d’instaurer un débat riche et franc fait d’arguments et de contre-arguments, de challenger les propositions des uns et des autres, d’explorer de nouvelles voies et de nouvelles idées…Et faute de compétiteurs, le duo candidat devait bien s’auto-challenger en plaçant la compétitivité (ironie du sort) comme principal cheval de bataille pour les trois prochaines années. Ainsi, trois grands objectifs sont visés, à savoir l’inclusion, la compétitivité et la croissance.

Une feuille de route déclinée en sept axes stratégiques comportant 26 mesures prioritaires. On remarquera l’importance accordée plus particulièrement à la PME. Le jeune vice-président, Mohamed Talal, est connu pour être un grand défenseur parce que lui-même fondateur et patron d’une des PME les plus en vue, en l’occurrence La Voix Express. Comme à l’accoutumée, lors de l’assemblée, le tandem élu s’est engagé solennellement en présence des représentants de quelque 800 entreprises qui ont fait le déplacement ce jour-là. La présidente et le vice-président ont du pain sur la planche, à commencer par réconcilier des milliers de membres avec leur confédération.