Elections 2021 : le RNI propose un programme à forte vocation sociale

Le programme électoral du Parti du Rassemblement National des Indépendants donne une place de choix au volet social avec toutefois un focus sur le triptyque santé-emploi-éducation. Sur cinq chapitres, un seul seulement – une administration à l’écoute – n’est pas lié aux secteurs sociaux.

Une protection contre les aléas de la vie, un système de santé digne, des emplois pour tous et une école de l’égalité, les bons titres ne manquent pas dans le programme électoral du parti qui ambitionne séduire les électeurs en affichant une certaine générosité, que ses adversaires jugent « irréalisable » voire « délibérée ».

« Un gouvernement qui te protège, qui assure ta dignité et qui répond à tes priorités: santé, emploi, éducation #TuMéritesMieux », tel est le slogan choisi par le parti pour communiquer son programme, inspiré par un libéralisme social modéré et formule un message poste-covid pour réussir la sortie de crise, créer des emplois et bâtir l’État social.

Prévoyant une grande politique de progrès social, le parti dresse un programme d’ensemble qui formule dans l’immédiat une réponse d’ampleur à la crise sanitaire, économique et sociale à travers 25 mesures : « Notre programme comporte des initiatives sociales très ambitieuses que nous allons veiller à concrétiser sur le terrain », a affirmé le président du parti, Aziz Akhannouch, lors d’une rencontre organisée récemment par la Fondation Lafqui Tetouani.

Le programme du parti se fonde sur trois principes directeurs dont le premier porte sur l’institutionnalisation de la redistribution sociale. « Pour la réaliser, nous mettrons en œuvre le chantier royal de la généralisation de la protection sociale et renforcerons la responsabilité et le rôle central de l’État dans la réduction de la pauvreté et des inégalités sociales », lit-on dans le document largement diffusé sur les réseaux sociaux et par les médias.

« Le deuxième principe est de mettre le capital humain au centre de notre modèle de développement. C’est pourquoi nous ferons de la création d’opportunités d’emploi et de l’amélioration de l’offre en matière de santé et d’éducation des priorités de notre action », souligne le pari de la colombe, qui s’engage à respecter la dignité de chaque citoyen comme principe directeur de l’action publique. Pour matérialiser plusieurs mesures de ses cinq engagements, le parti promet, s’il remporte la prochaine majorité parlementaire, de faire voter, dans les six mois suivant les élections, une loi de lutte contre l’exclusion sociale, qui regroupe les mesures majeures de son programme.
Créer un revenu de dignité pour les seniors, garantir la sécurité sociale pour tous les travailleurs, étendre l’assurance maladie pour tous, et en particulier les inactifs, offrir un soutien aux personnes en situation de handicap tout au long de la vie, verser des allocations familiales pour chaque enfant, autant de promesses figurant parmi les priorités du parti.

Il s’agit aussi de doubler le budget de la santé publique sur les cinq prochaines années, ériger le médecin de famille en point d’entrée du parcours de soins, garantir des examens gratuits pour suivre la grossesse et les nouveau-nés et le tiers-payant pour les consultations, les soins et le médicament, instaurer le fonds Zakat Al Mal et diriger la moitié des dons vers le financement de la santé, en particulier les maladies chroniques.

Le RNI dresse un programme d’ensemble qui comprend aussi les objectifs de créer un million d’emplois directs pour relancer l’économie après la crise du Covid-19, encourager la production nationale et soutenir la compétitivité du « Made in Morocco », soutenir le monde rural et faire accéder 400.000 ménages ruraux à la classe moyenne et accélérer la transition énergétique.

Sur les sujets à caractère social toujours, le parti de la Colombe promet de libérer l’activité économique des femmes, revaloriser le métier de l’enseignant, renforcer les compétences fondamentales dès le primaire – Lire, écrire, compter et coder -, généraliser les écoles communales, le transport et la cantine scolaires, le préscolaire pour tous les enfants dès quatre ans, rénover les infrastructures universitaires, revaloriser la formation professionnelle et améliorer l’accès aux bourses et aux prêts d’étudiants.

Sur le volet social encore, le parti affirme sa volonté de mettre en place « Dar Al Oussra », un guichet unique pour accompagner les familles dans leur protection sociale, un fonds pour consacrer l’officialisation de Tamazight et un « pass jeunes » pour faciliter l’intégration et la mobilité, en plus de renforcer le contrôle de la qualité des services publics, notamment l’éducation et la santé et d’accélérer la transition digitale au service des citoyens.