Education Nationale : « il faut au moins 10 ou 15 ans pour pouvoir traiter les maux en profondeur » (Rachid Belmokhtar)

Mardi 12 novembre, de 15h30 à  22h, Rachid Belmokhtar a eu droit à  six heures de débat autour des problèmes de l’enseignement dans le cadre d’une séance qui portait pourtant sur le budget du ministère de l’éducation nationale. Reportage…

Pléthoriques, les membres de la commission de l’enseignement, de la culture et de la communication au parlement ont voulu énumérer, dans le détail, tous les maux subis par les élèves marocains. Le hic, c’est que ces problèmes sont nombreux et qu’une séance ne suffit pas pour en venir à bout…

Voici en vrac l’essentiel des remarques émises par les parlementaires : « Les cartables de mes sept enfants sont lourds, ils pèsent de 7 à 13 kg ». « L’environnement autour de l’école est malsain (drogue, incivisme, débauche). » « Nos enfants souffrent de la faiblesse d’orientation pédagogique. Redoublement, abandon scolaire ». « On manque d’infrastructures. » « Les parents subissent la logique marchande des programmes scolaires, celles des écoles privées. » « Il y a une confusion pédagogique. » « L’enseignement au Maroc est abrutissant. » « Les réformes sont trop théoriques, elles doivent impliquer en premier le corps enseignant. » « Il y a un manque de suivi. » « Il y a un problème de langue d’enseignement, les enseignants doivent bénéficier de formation continue. » « L’administration, la gestion des écoles doivent évoluer. Il faut une meilleure gouvernance, plus de qualification. » « Il y a surcharge dans les classes. » « Il y a un manque de vision claire de la réforme de l’enseignement »….
 
Patient jusqu’aux dernières minutes de ce débat enflammé et passionnant, M. Belmokhtar a finit par lâcher prise vers 22 heures, se déclarant exténué et mettant un terme à cette séance en promettant : « Ce ne sera pas notre seule rencontre. Promis, l’examen du budget ne sera  pas notre seule occasion de débattre des problématiques du secteur ».
Et d’ajouter : « J’ai compris que tout le mode s’attendait à ce que j’amène des propositions prêtes et qui donneraient une vision des réformes qu’on va opérer. Mais je tiens à rappeler que le discours royal a donné une feuille de route, laquelle invite à s’arrêter sur les points forts et les lacunes. »

C’est précisément sur ce point que parie le ministre. Ainsi, il est question selon lui de deux évaluations : l’une déjà entamée par le conseil supérieur présidé par Omar Azziman et la seconde, en cours de mise en œuvre par le ministère. « Omar Azziman et moi-même avons convenu, à un moment précis, de comparer les deux évaluations, afin de procéder à la réforme de ce dossier sur la base d’une plateforme commune et pertinente», a précisé le ministre ajoutant que ce travail d’évaluation prendra un peu de temps. 

Benmokhtar  mise ainsi sur la réflexion et la concertation. « Il nous faudra  dégager à travers ces concertations des directives et des orientations claires, qui concernent l’avenir de nos enfants, les objectifs et la vision stratégiques pour le pays. C’est précisément ce travail qui sera fait en collaboration avec Omar Azziman, et avec la participation de tous ».

Il va sans dire que dans cette situation complexe, de par la multitude de ses problématiques,  il est impératif d’identifier des solutions à mettre en œuvre à court et à long terme. « Mais il faut au moins 10 ou 15 ans pour pouvoir traiter les maux en profondeur » a avoué le ministre.