Dessalement de l’eau de mer, le Maroc met le turbo

• En plus de la station de Chtouka Aït Baha qui sera mise en service en avril, deux autres stations, à Laâyoune et Tarfaya, seront opérationnelles dans les mois à venir.

Après l’annonce, lors d’une récente visite du ministre de l’agriculture dans la région, de la prochaine mise en service partielle de la station de Chtouka Aït Baha, l’ONEE annonce, à son tour l’opérationnalisation prochaine de deux autres stations similaires. Ainsi, la nouvelle station de dessalement de l’eau de mer, qui sera mise en service au deuxième semestre de l’année 2021 à Laâyoune, contribuera à la satisfaction des besoins en eau potable des habitants de cette ville et des centres avoisinants jusqu’en 2040, selon le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), Abderrahim El Hafidi.
Cette station, réalisée pour un investissement de 370 MDH, aura une capacité de production de 26 000 m3/j, qui vont s’ajouter aux 26 000 m3/j de la première station et aux 10 000 m3/j d’eaux souterraines, soit une capacité de production de 62 000 m3/j.
«C’est un grand projet qui va permettre de satisfaire les besoins en eau potable de 237.000 habitants de la ville de Laâyoune et des centres avoisinants jusqu’à l’horizon 2040», note M. El Hafidi. Le responsable a d’ailleurs relevé que la faiblesse des précipitations et la salinisation ont poussé l’ONEE à réaliser, en 1995, la première station de dessalement de l’eau de mer dans la ville de Laâyoune, une station qui a connu des travaux d’extension en 2005 et en 2021 pour atteindre désormais une capacité de production de 26 000 m3/j.
Dans ce même élan, la réalisation d’une station monobloc de dessalement de l’eau de mer dans la ville de Tarfaya est également une solution «efficace» pour répondre à la demande en eau dans cette ville, d’après le DG de l’ONEE. Ce projet de renforcement de l’approvisionnement en eau potable de la ville de Tarfaya qui a été inauguré, mercredi, est une réalisation de grande importance qui a vu le jour en un temps très court grâce à l’expertise d’une entreprise marocaine. La forte demande sur l’eau a nécessité la recherche de solutions rapides et efficaces pour satisfaire les besoins de la population de cette ville en cette denrée vitale. Ce projet, qui a nécessité un budget de 8 MDH, va donc permettre de résorber le déficit de 36% enregistré dans la production de l’eau potable et de satisfaire les besoins en eau potable, à court terme, notamment pendant la saison estivale.
Rappelons que la station de dessalement de l’eau de mer de Chtouka Aït Baha, un projet dicté par la nécessité d’accompagner le développement de la région Souss-Massa caractérisée par un grand dynamisme socioéconomique, urbanistique et touristique, consiste en la réalisation d’ouvrages marins, d’une station de dessalement et des infrastructures d’irrigation.
La station permettra, outre l’approvisionnement en eau potable, la sécurisation de l’irrigation de 15 000 ha dans la plaine de Chtouka par le dessalement de l’eau de mer en substitution à l’eau souterraine. Le projet contribuera ainsi à la préservation de l’activité agricole dans la région, notamment les cultures à haute valeur ajoutée.