Dépénalisation du cannabis : les élus s’impatientent

Une journée d’information est prévue pour décembre, elle sera suivie par le dépôt d’un texte de loi.

Les députés n’auront pas trouvé meilleure occasion que le passage du nouveau ministre de l’intérieur, Mohamed Hassad, devant la commission, pour le débat du budget sectoriel de son ministère, pour remettre sur la table le sujet de la dépénalisation du cannabis. L’Istiqlal, en la personne de son chef de groupe et député d’Al Hoceima, Noureddine Moudiane, s’est, de nouveau, largement attardé sur la question. Le message est on ne peut plus clair : la culture du cannabis est une bombe à retardement. Le risque de débordement social est imminent. Voilà en gros le topo. Comment éviter le pire? L’Istiqlal propose d’abord une amnistie générale pour les milliers de petits cultivateurs qui font l’objet de poursuites judiciaires ou ceux qui ont été condamnés par contumace par les tribunaux de la région. Ensuite, une véritable politique de promotion et de développement des régions du Rif, voire une dépénalisation de cette forme de culture. L’Istiqlal n’est d’ailleurs pas le seul parti qui défend ce dossier.
Le PAM semble également acquis à la thèse des promoteurs de la dépénalisation. Même le PJD, du moins son groupe parlementaire, se montre également favorable à cette approche. Bien plus, les députés s’apprêtent même à élaborer une proposition de loi en ce sens. Ce n’est d’ailleurs plus qu’une question de temps. En effet, une journée d’information consacrée à ce thème devrait être organisée en décembre. Ses recommandations devront servir de base pour le nouveau texte. En même temps, une coalition d’acteurs associatifs a déjà élaboré une mouture de proposition de loi et est en train de faire du lobbying auprès des parlementaires pour la faire aboutir.