Démission de l’Istiqlal, Ghellab est-il concerné ?

Le PJD le presse de partir, la Constitution lui permet de rester.

Le communiqué du comité exécutif de l’Istiqlal annonçant la démission du gouvernement est clair sur ce point : seuls les ministres sont concernés. A première vue, Karim Ghellab, président de la première Chambre, n’est donc pas concerné par cette décision. Sauf que son cas est quelque peu délicat, du moins pour le chef du gouvernement. Ce poste fait partie, tout le monde le sait, du package négocié par l’Istiqlal lors de la formation de la majorité gouvernementale. Et même si la nouvelle majorité veut le destituer, légalement rien ne peut forcer le président de la Chambre à quitter son poste. En tout cas, pas avant l’ouverture de la prochaine session de printemps du Parlement. Date à laquelle la loi prévoit le renouvellement des instances dirigeantes de la Chambre, la présidence, le bureau et les présidences des commissions (article 62 de la Constitution).

D’autre part, comme on le chuchote au sein de la direction de l’Istiqlal, la morale et l’usage politique voudraient que le président de la première Chambre présente sa démission en même temps que les membres istiqlaliens du gouvernement. Bien sûr, le PJD n’a pas manqué d’attirer l’attention sur ce cas. Le trublion député d’Oujda, Abdelaziz Aftati, est le premier à avoir soulevé la question en soulignant que la présidence de la Chambre est «un produit de l’alliance gouvernementale». Et du moment que l’Istiqlal ne fait plus partie de cette alliance, il devrait renoncer à ce poste. Ce n’est certainement qu’un début. Il faut s’attendre à d’autres clashs du genre, surtout en ces moments où la première Chambre est sur le point d’adopter son règlement intérieur. Projet que le président istiqlalien souhaiterait particulièrement voir aboutir sous son mandat.