Découpage électoral : une question de dosage…

Comment résoudre le casse-tête du découpage local ? Voilà  une question qui traîne depuis plusieurs semaines. Le ministère de l’intérieur a déjà  remis aux chefs de partis un projet de découpage que la plupart d’entre eux trouvent inapproprié.

En clair, il s’agit de répartir le nombre des sièges des conseils des grandes villes sous le régime de l’unité de la ville et des conseils des régions. Dans les villes, chaque arrondissement est représenté par un nombre de sièges qui correspond à son poids. La même chose pour les régions dont le nombre de sièges est réparti sur les provinces et les préfectures qui la composent. Le ministère qui a pris en considération les chiffres du dernier Recensement général de la population de 2014 a donné des résultats qui laissent perplexe. Ainsi, dans une ville comme Casablanca, l’écart va de 19 sièges pour Sidi Moumen et Hay Hassani à seulement quatre ou cinq sièges pour la plupart des autres arrondissements. Aussi, dans certains cas, et en faisant jouer le système de quota pour femmes, certains arrondissements sont représentés par plus de femmes que d’hommes.

C’est pratiquement le même cas à Rabat et dans les autres villes où la différence est énorme entre le nombre de sièges de chaque arrondissement. C’est qu’il fallait à la fois respecter l’importance (notamment économique) d’un arrondissement et son poids démographique. Pour sortir de ce dilemme, le ministre de l’intérieur propose un découpage amélioré proche de celui de 2009, en ajoutant trois sièges pour femmes dans chaque arrondissement. Pour les régions, la question est encore plus problématique, des villes ou préfectures à forte densité mais à moindre importance pourvoient le Conseil de la région pour plus de la moitié des sièges. Une situation qui bénéficie particulièrement au PJD dans ces villes.