Décès de la chanteuse algérienne Warda

La chanteuse algérienne Warda est décédée jeudi soir à  son domicile au Caire, à  l’à¢ge de 72 ans des suites d’une crise cardiaque.

La chanteuse algérienne Warda est décédée jeudi soir à son domicile au Caire, à l’âge de 72 ans des suites d’une crise cardiaque, a-t-on annoncé dans la capitale égyptienne.

Née en 1940 à Puteaux (région parisienne) d’un père algérien, Mohammed Ftouki, et d’une mère libanaise, elle commence à chanter en 1951, à l’âge de onze ans, au Tam-tam, un établissement du Quartier-latin appartenant à son père.

Le public découvre Warda grâce à une émission TV pour enfants diffusée par la RTF en 1951, alors qu’elle a seulement 15 ans. Chaque jeudi, elle assure la présentation de cette émission et chante une chanson devant son jeune auditoire.

Par la suite, elle se fait rapidement connaitre pour ses chansons patriotiques. En 1958, alors que la France est occupée par la guerre d’indépendance algérienne, la famille de Warda se réfugie à Beyrouth au Liban où la jeune cantatrice continuera à interpréter des chansons militantes, en particulier « Djamila » dédiée à la résistance des femmes.

En 1959, le compositeur égyptien Riad Sombati a été séduit de sa voix. Il décide alors de la prendre sous son aile en l’invitant au Caire, où il composera beaucoup de chansons pour elle. Parmi ces oeuvres figurent « Loubat El Ayyam » et « Nida El Dhamir ». Quand elle arrive au Caire en 1960, Riad Sombati lui compose, avec l’aide d’un poète égyptien, deux poèmes « Ya horia ana bendahlek » (Liberté, j’écris ton nom) et « Dalia Djamila » en l’honneur de la Palestine.

Vers 1961-1962, le président égyptien Jamal Abdel Nasser lui demande de participer à une chanson pour le monde arabe intitulée « Al Watan Al Akbar » (« La plus grande patrie ») et composée par Mohamed Abdelwahab. Warda a donc eu la chance de l’interpréter aux côtés de grands artistes tels qu’Abdel Halim Hafed, Sabah, Fayza Ahmed et Najat Saghira.

Ce n’est qu’en 1962 après le recouvrement de l’indépendance par l’Algérie que Warda revient dans le pays de Voltaire et se marie. Un an plus tard, Warda y retourne chanter pour la célébration du mariage d’un ancien officier de haut rang de l’armée nationale de libération.

Si sa collaboration est un succès, son époux demande immédiatement le divorce. Une désillusion pour Warda, qui décide de se consacrer uniquement à la musique.

Dès lors, elle part travailler en Egypte où elle collabore avec les plus grands compositeurs arabes tels que Mohammed Abdelwahab, Riad Sombati, Hilmi Bakr, Sayed Mekawi, Mouji ou Baligh Hamdi avec qui elle se remarie.

Durant les années 1990-2003, elle a travaillé en étroite collaboration avec le compositeur Salah Chernoubi, l’auteur lyrique Omar Batiecha, le musicien Tarek Akef et le producteur Mohsen Gaber dans le cadre d' »Alam el Fan », une association de talents qui a donné naissance à trois de ses albums recevant la récompense du « meilleur album de l’année » en 1991, 1992 et 1994.

Avec un répertoire de près de trois cents chansons, celle que l’on surnomme « la Rose algérienne » a vendu près de cent millions d’albums. Ses titres les plus connus sont « El ouyoun soud », « khalik hena », « Dandana », « Fi Youm wi leila », « Lola al malama », « Batwannes bik », ou encore « Harramt ahibbak » et « Awqati betehlou ».

Outre la musique, elle a joué plusieurs grands rôles dans des films égyptiens tels « Al Maz et Abdou Hamouli » et « Amirat Al Arab », « Hikayati maâ zamane » et « Saawt Al Hob » où elle a partagé la vedette avec des acteurs de renom comme Rochdi Abada, Hassan Youssef et Adel Mamoun.