Décélération conséquente du rythme d’accroissement du crédit bancaire

Le rythme d’accroissement du crédit bancaire a décéléré de 10,6% en 2011 à  4,6% en 2012, poursuivant la tendance quasi-continue observée depuis 2008.

Cette évolution s’explique, d’une part, par le ralentissement de l’activité économique et la persistance des incertitudes entourant ses perspectives et, d’autre part, par l’augmentation du besoin structurel de liquidité du secteur bancaire, liée à l’aggravation du déficit du compte courant, explique la Banque centrale dans son rapport sur la situation économique, monétaire et financière au titre de l’année 2012, présenté mercredi devant SM le Roi Mohammed VI.

 Ce besoin est, en effet, passé de 23,7 milliards de dirhams (MMDH) à 61,8 MMDH, précise BAM, ajoutant que le ratio de l’encours du crédit bancaire au PIB nominal est resté quasi-stable à environ 87 %.

 Par composantes, les facilités de trésorerie ont augmenté de 7,8 %, après 20,5 % en 2011, sous l’effet notamment d’une conjoncture économique défavorable, souligne le rapport.

 De même, les crédits à la consommation se sont accrus de 9,8 %, au lieu de 11,2 %, reflétant le ralentissement de 6,8 % à 4,5 % du rythme d’accroissement des dépenses de consommation finale des ménages, ajoute la même source.

  En outre, la hausse des crédits immobiliers est revenue de 10,2 % à 6,1 %, recouvrant un recul de 10,7 % à 9,8 % du taux de progression des crédits à l’habitat et une contraction de 0,3 %, après une hausse de 6,8 % l’année précédente, des prêts accordés aux promoteurs immobiliers.

 Pour ce qui est des crédits à l’équipement, ils ont enregistré leur première baisse depuis 2004, avec un taux de 2 % après une hausse de 4,1 % une année auparavant.

 S’agissant des créances en souffrance, leur rythme de progression a ralenti de 9,5 % à 8,7 %, représentant ainsi 4,9 % de l’encours total des crédits du système bancaire, contre 4,7% une année auparavant.

 L’analyse de l’évolution du crédit par secteur d’activité indique une contraction de 1,4 % des montants alloués au secteur primaire, contre une hausse de 12,3 % observée une année auparavant, en liaison avec la baisse de la production agricole.

Parallèlement, et reflétant la décélération de 4 % à 1,4 % de la croissance de la valeur ajoutée du secteur secondaire, le rythme d’accroissement de cette catégorie de prêts a marqué un ralentissement de 13,3 % à 1,4 %.

Pour ce qui est des crédits accordés au secteur tertiaire, leur rythme de progression est revenu de 9,1 % à 6,7 %.

La progression des prêts destinés au secteur privé a décéléré de 10,1 % en 2011 à 4,7 % en 2012, ramenant ainsi leur contribution à la croissance du crédit bancaire de 8,3 points de pourcentage à 3,9 points.

 Les concours destinés au secteur public ont pour leur part cru de 24,4 % après 31,9 %, alors que ceux alloués aux autres sociétés financières se sont contractés de 3,2 %.

L’analyse de l’évolution du crédit par terme montre que sa décélération en 2012 s’explique par la contraction de 2,5 % des prêts à moyen terme et le ralentissement de 23,7 % à 5,6 % de ceux accordés à court terme. En revanche, les crédits à long terme ont augmenté de 9,8 % après 1,1% en 2011.

Les crédits distribués par les sociétés de financement aux agents non financiers se sont établis à 97 MMDH en 2012, en augmentation de 5,7%, après 8 % en 2011. Ils sont dominés, à hauteur de 52 %, par les crédits bail à concurrence de 32 %, par ceux à la consommation.