Conjoncture : L’ASMEX brosse un tableau sombre de l’économie nationale

Seuls les secteurs des produits alimentaires et des produits de la mer semblent tirer leur épingle du jeu. Ils continuent à exporter malgré les perturbations des chaînes logistiques mondiales.

Les constats sont alarmants. Plusieurs secteurs sont à l’arrêt en raison notamment de la demande en Europe, principal marché des exportations nationales, affirme l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX). La demande reste néanmoins soutenue sur les USA, notamment à travers les grandes surfaces et la vente en ligne. Les secteurs des BTP, l’automobile, l’industrie électrique et mécanique et le textile sont à l’arrêt. Les industriels du fast-fashion essaient de compenser leurs pertes par la production de masques subventionnés par l’Etat mais cela est loin d’éponger les dégâts de la pandémie sur le secteur, affirme l’association dans un communiqué diffusé ce lundi 20 avril.

L’industrie pharmaceutique, elle, est soumise plus que jamais à des autorisations pour exporter. Seuls les secteurs des produits alimentaires et des produits de la mer semblent tirer leur épingle du jeu. Ils continuent à exporter malgré les perturbations des chaînes logistiques mondiales. A noter que des restrictions ont été faites pour l’exportation de produits de base afin d’alimenter le marché local en priorité. Ce contexte défavorable, est accentué par l’augmentation du taux de changes du Dirham face à l’Euro et le Dollar sans qu’aucune décision ne soit prise à cet effet par la Banque Centrale.

« Plusieurs faillites sont à prévoir dans les jours qui viennent si des mesures concrètes et spécifiques au secteur ne sont pas prises d’urgence », déplore l’ASMEX. Les entreprises ont de plus en plus de mal à maintenir leurs emplois, les retards de paiement des clients perturbent significativement leur trésorerie et l’accès au financement et à l’assurance est de plus en plus compliqué. Les aides mises en place par l’Etat, bien qu’elles soient encourageantes, se plaint l’ASMEX, sont loin d’être suffisantes et « les banques restent frileuses en matière de financement (trésorerie, matières premières …) et de couverture des risques pour soutenir les exportateurs, notamment les PME et les TPE ».