Confinement : 21% de femmes affirment avoir souffert de la promiscuité dans le logement

En période de confinement sanitaire, 21% des femmes contre 16,4% des hommes ont déclaré souffrir plus souvent de la promiscuité dans le logement, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Pendant le confinement, 18,7% de la population ont souffert de la promiscuité, selon le dernier rapport du HCP intitulé « Analyse genre de l’impact du coronavirus sur la situation économique, sociale et psychologique des ménages », qui relève l’existence de différences notoires selon le genre.

L’analyse économétrique a permis de confirmer qu’être un chef de ménage femme accroît la possibilité de déclarer subir des conséquences psychologiques ou encore subir des conflits inhérents à la promiscuité, précise le HCP dans son rapport, réalisé en partenariat avec l’ONU Femmes, faisant savoir que l’inquiétude est plus forte lorsque dans les ménages seules les femmes sont des actives occupées.

Ainsi habiter en milieu urbain, augmente la probabilité non seulement de déclarer subir des conséquences psychologiques, mais aussi celle de connaître des conflits dus à la promiscuité, souligne la même source, relevant qu’il en va de même quand le nombre de personnes par pièce dans le logement est supérieur à 3. La densité de la population urbaine par rapport au milieu rural explique ces résultats, fait remarquer HCP.

L’enquête révèle également qu’avoir des difficultés sévères pour honorer ses engagements financiers va avec la déclaration de subir des conséquences psychologiques, accroît le risque d’inquiétude et de vivre des conflits.

D’un autre côté, avoir des conflits au sein du ménage accroît la propension à subir des conséquences psychologiques, note le rapport, précisant que ces causalités transitives, combinées aux conclusions susmentionnées, attestent que les femmes ont plus pâti de la pandémie Covid-19 que les hommes, soulève HCP.

Par ailleurs, le rapport ressort que les femmes déclarent davantage être « très inquiètes » en cas d’apparition d’une nouvelle vague par rapport aux hommes (36,8% contre 31,4%).

Réalisé sur la base des résultats de son enquête sur l’impact de la pandémie COVID-19 sur la situation économique, sociale et psychologique des ménages, ce rapport s’inscrit dans le cadre du programme de partenariat entre le HCP et ONU- Femmes intitulé « Les Femmes Comptent » dont l’objectif est de promouvoir un environnement institutionnel favorable à la production, la dissémination et l’utilisation des statistiques sensibles au genre, renforcer la production de statistiques sensibles au genre et appuyer la diffusion et l’accessibilité des statistiques sensibles au genre auprès de l’ensemble des utilisateurs au Maroc.

A partir d’informations réunies grâce à deux enquêtes réalisées par le HCP auprès des ménages pendant et à la sortie du confinement, ce rapport analyse les conséquences de la crise sanitaire ainsi que des diverses dispositions prises pour en atténuer les effets. Il met en exergue la dimension genre dans l’acuité du vécu de la crise et les bénéfices tirés des politiques publiques palliatives implémentées.

(Avec MAP)