Chambre des conseillers : deux tendances se distinguent

Avec le vote du RNI et du MP pour le PAM, la majorité gouvernementale n’existe plus que sur le papier.

C’est bien plus que l’élection d’un nouveau président, c’est une nouvelle redistribution des cartes. L’élection de Hakim Benchemmas du PAM à la présidence de la deuxième Chambre, avec 58 voix contre 57 pour son rival Abdessamad Kayouh de l’Istiqlal, nous confirme une nouvelle tendance de la scène politique. Les deux autres candidats s’étant retirés peu avant le début du vote. La course au perchoir a été très serrée. Le vote est secret, mais on peut facilement deviner que le RNI et le MP, entre autres, ont voté pour le PAM. En même temps, le PJD et le PPS (deux sièges) ont voté pour l’Istiqlal, eux ils ne s’en cachent pas. Et l’Istiqlal ne cache pas, non plus, son intention de leur rendre la faveur. Sa décision de changer de camp et de position envers le gouvernement se précise donc. Il reprend la fameuse position de soutien critique «inventée» par le PJD du temps du gouvernement de l’Alternance et dont l’Istiqlal était le principal partenaire. 

En gros, deux tendances se distinguent déjà, selon les échos recueillis ici et là. D’un côté, le PAM, soutenu par le RNI, le MP et l’UC en plus des votes des représentants du patronat (six voix si l’on retranche les deux sièges remportés par l’Istiqlal au nom des employeurs). D’un autre côté, le PJD qui soutient l’Istiqlal avec le PPS, l’USFP, et les trois centrales syndicales (l’UGTM de l’Istiqlal, l’UNTM du PJD et l’UMT signataire d’une alliance avec le PPS). Ceci nous donne déjà une idée sur les futures alliances en perspective des prochaines législatives. Mais, auparavant, la coalition gouvernementale devrait bien se surpasser pour sauver les meubles de ce qui reste encore du mandat du gouvernement, puisque la majorité au sens propre du terme n’existe plus.