Chabat-El Fassi, le point de non-retour

Hamid Chabat suspend 31 des membres de « Sans répit ».

C’est la rupture totale entre les deux clans adverses de l’Istiqlal. Le siège général du parti vient d’annoncer la suspension d’une trentaine de membres du conseil national, 31 membres plus précisément. Abdelouahed El Fassi figure naturellement à la tête des militants suspendus, qui comptent également d’autres figures historiques, mais aussi des jeunes cadres, comme Abdelhak Tazi, M’hammed El Khalifa ou encore le fils de Abbas El Fassi, Hani El Fassi, et sa belle fille, l’ancienne députée Samira Karrich, ainsi que l’ancien chef du groupe parlementaire Latifa Bennani Smires. La liste compte évidemment Allal Mhinine, l’un des initiateurs du recours en justice contre l’élection de Hamid Chabat à la tête du parti et du comité exécutif. C’est justement ce recours qui vient d’être jugé recevable sur la forme, le 9 décembre par la Cour d’appel de Rabat qui a déclenché cette «purge».

Bien sûr, pour la direction de l’Istiqlal, la décision est on ne peut plus légale. Elle s’appuie en fait sur les articles 84 des statuts du parti et 42 du règlement intérieur qui stipulent, en gros, que toute absence non justifiée à trois reprises aux réunions du conseil national met le membre concerné en situation de démission. C’est à ne plus en douter que les deux parties, au lieu de s’accepter mutuellement, ont préféré l’escalade. Les amis de Abdelouahed El Fassi ont en effet mis en place une structure miroir à l’intérieur du parti, l’association «Sans répit», présidée par Abdelouahed El Fassi, avec son propre conseil national dont la présidence vient d’être confiée, par vote, à Latifa Bennani Smires et son comité exécutif. Ce qui fait dire à un proche de Hamid Chabat qu’avant même que la décision de leur suspension ait été prise, les membres de «Sans répit» se sont déjà mis en dehors des structures du parti.