Centre Marocain de Conjoncture : la croissance économique ne dépasserait guère 3.7% en 2014

Le taux de croissance de l’économie nationale projeté dans le scénario prévisionnel de 2014 serait de 3.7% en termes réels, ce qui équivaut à  un repli de 1,2 point par rapport à  l’année 2013, selon les estimations du Centre Marocain de Conjoncture (CMC).

Cette estimation s’est faite en partant des nouvelles perspectives de la conjoncture au plan international et tenant compte des contraintes pesant sur les ressorts internes de l’activité, selon le CMC qui ajoute que le rythme de croissance pour l’économie nationale devrait connaître un ralentissement sensible en 2014 comparativement à l’exercice précédent et ce, même dans l’hypothèse optimiste d’une campagne agricole aux performances comparables à celles de la saison 2012-2013.

Cette perspective qui se révèle en définitive « très modeste eu égard aux objectifs visés » montre la nécessite de l’accélération des programmes de restructurations économiques et de réformes structurelles à même de replacer l’économie sur une trajectoire de compétitivité et de croissance, préconise le Centre.

Au plan sectoriel, le scénario prévisionnel de croissance en 2014 se base sur l’hypothèse relativement optimiste du maintien des performances du secteur primaire à un niveau assez soutenu qui se compare à celui de l’exercice précédent.

La valeur ajoutée de l’ensemble des activités primaires devraient, dans une telle éventualité, progresser au taux de 3,1 PC en termes réels, en perte de plus de 12 points par rapport à l’exercice 2013, projette le CMC.

Ce rythme de progression s’avère d’autant plus important qu’il interviendrait après une forte croissance de la production agricole en 2013, soit 15,1 PC en termes réels. Bénéficiant de l’amorce d’une reprise sur les marchés pertinents, les activités du secteur industriel devraient, en revanche, présenter des configurations en légère amélioration par rapport à la tendance baissière enregistrée en 2013 malgré le resserrement des conditions de l’offre et l’atonie de la demande.

Les projections du CMC pour 2014 retiennent un taux de croissance pour l’ensemble du secteur industrie de 2,1 PC contre 1,5 PC en 2013. S’agissant du secteur du bâtiment et travaux publics, les principales activités de ce secteur devraient amorcer une légère reprise après la forte baisse constatée depuis le début de l’année et qui s’est manifestée en particulier par le recul des ventes de ciment et des indicateurs de mise en chantier de construction. Le scénario prévisionnel table sur un rythme de croissance moyen pour ce secteur de 3,5 PC en 2014 contre à peine 1,3 PC en 2013.

Enfin, pour les branches commerciales et de services, le profil de croissance pour l’année à venir envisage une légère reprise d’activité à l’instar de l’ensemble du secteur secondaire avec une progression moyenne de 4,3 PC, en hausse de 0,4 point par rapport à l’exercice précédent.

Le profil contrasté de la croissance en 2014 trouve par ailleurs son pendant au niveau du comportement des principales composantes de la demande. La configuration prévisionnelle retient à ce propos une faible évolution de la consommation des ménages qui devrait s’accroître au taux de 3,7 PC en termes réels, en décélération de 0,2 point par rapport à l’année 2013.

Il en est de même de l’investissement dont le volume global progresserait d’à peine 2,6 PC en valeurs réelles. Enfin, la lenteur de la reprise anticipée au plan international en 2014 ne permettra pas une relance suffisante de la demande externe adressée à l’économie nationale. Le pronostic pour l’année 2014 prévoit à ce propos une hausse réelle des exportations de 2,1 PC, soit à peine un point de plus que la prévision arrêtée pour 2013.

Le profil de croissance assez contrasté en 2014 devrait enfin connaître une nette reprise des tensions inflationnistes sous l’effet de la hausse des coûts de production, en particulier les coûts de l’énergie et des matières premières, estime le CMC.