CDD dans la fonction publique : un pari risqué ?

Le projet est déjà contesté par les syndicats.

Le conseil du gouvernement vient d’adopter le projet de décret 2-15-770 fixant les conditions et les modalités de recrutement par contrat à durée déterminée au sein des administrations publiques. En jouant la carte des CDD, l’Exécutif tente de multiplier le nombre de postes créés dans l’administration via un cadre flexible et ainsi contribuer à la réduction du chômage à moindre coût, mais aussi dynamiser le travail au sein de l’administration. Plus encore, cette mesure pourrait permettre à la coalition gouvernementale d’engranger de précieux points politiques à la veille des élections. Or, en réalité, cette solution est loin d’être suffisante pour remédier aux maux de l’administration. Elle risque même de mettre le feu aux poudres vu la réaction virulente des principales centrales syndicales. Ces dernières dénoncent les conditions de recrutement à minima imposées aux contractuels qui ne pourront pas bénéficier des mêmes avantages que les fonctionnaires. Par ailleurs, ces nouveaux contrats CDD pour une durée maximale de deux ans renouvelables viendront alourdir la charge salariale des administrations. Et pour cause, «il s’agit de postes supplémentaires qui seront programmés dans les projets de Lois de finances, en plus des postes d’emplois créés annuellement», déclare Mohamed Moubdii, ministre chargé de la fonction publique et de la modernisation de l’administration. «Ce sont les secteurs de la santé et de l’enseignement qui bénéficieront du plus grand nombre de contractuels», confirme le ministre avant d’ajouter que ces derniers ne pourront pas être confirmés à la fin de leur contrat. En revanche, ils pourront faire prévaloir cette expérience pour passer les concours d’accès à la fonction publique. Mais rien ne garantit que ces contractuels ne battront pas le pavé dans quelques années pour demander leur intégration dans la fonction publique.