Blanchiment de capitaux : les notaires s’activent

Ils font de plus en plus de déclarations de soupçons.

Bien que discrète, l’Unité de traitement des renseignements financiers, relevant de la Primature, continue de lutter contre le blanchiment de capitaux, et son pendant, à savoir le financement du terrorisme. Dans la liste des déclarants, les banques et les sociétés de transfert de fonds représentent plus de 88% des déclarations de soupçons de blanchiment transmises à cette entité. Professions juridiques libérales, casinos, négociants de pierres précieuses et même marchands d’œuvres d’art sont absents de la liste des déclarants depuis le lancement de l’unité en octobre 2009. Cependant, les notaires font désormais preuve de vigilance, selon une source au sein du Conseil national de la profession. En 2016, ils ont émis plus de 15 déclarations de soupçons, un chiffre qui a plus que doublé en deux ans. L’achat de biens immobiliers de grande valeur, en particulier lorsqu’il n’y a pas de justification économique apparente quant à l’origine des fonds investis, est de nature à éveiller les soupçons des notaires. L’attention doit dès lors être attirée lorsque l’intervenant est impliqué dans une opération inhabituelle pour lui, sans relation ou apparaissant totalement disproportionnée par rapport à l’exercice normal de sa profession ou de ses activités et ne pouvant avoir une justification valable.