Bilan de l’Exécutif : mesurettes sociales et verbiage politique

Le chef du gouvernement met en avant les acquis économiques.

A défaut de véritable bilan politique propre au gouvernement, le chef de l’Exécutif se rabat sur l’économique où, pour certains secteurs, l’on commence à récolter les fruits des réformes lancées il y a plus de dix ans. Dans son exposé, d’une trentaine de pages, mardi devant les deux Chambres, Abdelilah Benkirane revient sur la question de la sécurité et la stabilité politique du pays, sur la question du Sahara et même sur la question palestinienne. Sur le plan législatif, il affirme que sur les 16 lois organiques nécessaires à la mise en œuvre de la Constitution, encore en attente de promulgation, le gouvernement en a adopté six, en plus de 204 lois ordinaires pendant ses deux ans et demi d’existence. Le chef du gouvernement revient également sur la réforme de la justice, en cours de lancement et le dialogue national sur la société civile, largement boycotté par les acteurs associatifs les plus influents.

Pour ce qui est des réalisations concrètes, il cite la limitation d’accès à la fonction publique à la seule voie du concours, l’activation du principe de salaire contre travail accompli qui a réduit le nombre et les jours de grèves, l’interdiction faite aux fonctionnaires de la santé et de l’enseignement de cumuler le travail dans le public et le privé. La revalorisation des bourses d’étudiants, du seuil minimum des pensions de retraite et du Smig dans le privé et le public ainsi que la réduction des prix de certains médicaments et l’extension des programmes Tayssir et Ramed sont présentés comme des mesures phare dans le domaine social. Cela en plus du maintien des équilibres macroéconomiques, le plan de sauvetage de l’ONEE et une promesse de faire revenir la dette publique à moins de 60% du PIB. Comme promesses, le chef du gouvernement cite également une nouvelle stratégie de l’emploi, la poursuite de la réforme de la Caisse de compensation et le lancement de la réforme des retraites…