Benkirane III, c’est parti… ou presque !

Le choix des remplaçants n’est pas simple.

Maintenant que la décharge des deux ministres PJD et du ministre MP est officielle, tous les projecteurs sont braqués sur le parti de la lampe. Comment va-t-il gérer la prochaine étape qui figure en bas du communiqué du Cabinet royal, c’est-à-dire choisir les remplaçants des ministres déchargés ? Pour cela, le PJD a bien mis en place une procédure démocratique interne. Une commission, multipartite, est chargée par le conseil national de présenter une liste de candidats à des charges officielles. Sauf que le recours à cette procédure prend du temps et surtout peut déboucher sur des résultats qui risquent de ne pas plaire au chef du gouvernement. Ce dernier n’a-t-il pas exprimé ouvertement son regret que la procédure n’ait pas abouti au choix de «bons» profils lors de la formation de son premier gouvernement. Deux autres choix s’offrent pour «contourner» ce processus démocratique. Le chef du gouvernement peut puiser dans la liste déjà établie par la commission. Auquel cas l’actuel président du Forum pour la dignité, Abdelali Hamieddine, est bien placé pour succéder à Lahbib Choubani. Or, ce choix risque d’attirer au chef du gouvernement de nouveaux tracas avec l’opposition qui continue de lier le nom de ce professeur universitaire à l’assassinat de l’étudiant gauchiste Benaissa Aït El Jid sur le campus de Fès. Reste donc une dernière option pour le chef du gouvernement : choisir lui-même, avec la bénédiction du secrétariat général de son parti, les successeurs des deux ministres. Ce faisant, deux noms sortent du lot, l’ancien ministre des affaires étrangères, Saâdeddine El Othmani et le chef du groupe parlementaire Abdellah Bouanou.Pour les deux ministres harakis, le parti avait déjà soumis une liste de six noms au chef du gouvernement. Cela dit, au sein du MP, on n’hésite pas à exprimer un mécontentement quant à la manière dont le ministre El Guerrouj a été déchargé de ses fonctions.