Baisse du taux d’activité : faut-il vraiment s’en plaindre ?

Le taux de chômage aurait explosé s’il s’était maintenu…

Le niveau de participation à l’activité économique a baissé de façon drastique au cours des 20 dernières années. Entre 1999 et 2016, en effet, le taux d’activité a chuté de 8 points, revenant de 54,5% à 46,4% entre les deux dates, ce qui correspond à un manque sur le marché du travail de plus de 2 millions de personnes.

Faut-il s’en plaindre ou s’en réjouir ? Il est bien vrai que dans certains pays développés, le taux d’activité dépasse les 80% comme en Islande, en Suède et en Suisse ; la moyenne de l’OCED étant supérieure à 70% à fin 2015. Ce niveau élevé du taux d’activité trouve son explication, d’une part, dans le stade de développement qu’ils ont atteint, et, d’autre part, dans la structure démographique de leurs populations, marquée par son vieillissement. Le Maroc, lui, présente une autre configuration : l’économie est en transition, peinant à créer des emplois en nombre et en qualité, et la population est majoritairement jeune. Mais alors, pourquoi le taux d’activité est moins élevé aujourd’hui qu’il y a 18 ans ?

Tout simplement parce que depuis 18 ans, la scolarisation s’est généralisée et les études deviennent de plus en plus longues, en lien avec l’accès des jeunes à l’enseignement supérieur. Par le passé, une partie importante des jeunes, faute de scolarisation ou d’accès aux études supérieures, entraient dans le marché du travail dès l’âge de 15 ans (et même parfois bien avant), gonflant ainsi la population active.

Ceci est particulièrement vrai pour la population féminine, dont le taux d’activité, déjà faible (en partie pour des raisons culturelles), tombe de 30,4% en 1999 à 23,4% en 2016. Tout cela montre bien l’importance de l’effort de scolarisation. Si le taux d’activité était resté au niveau où il se trouvait il y a près de 20 ans, et compte tenu de la faiblesse des créations d’emplois, le taux de chômage aurait explosé…