Bachar Al Assad met en garde les Etats Unis contre toute intervention militaire contre son régime

Le président syrien Bachar Al-Assad a mis en garde les Etats Unis contre toute intervention militaire contre son régime, qualifiant d’insensées les accusations occidentales sur l’usage d’armes chimiques par son armée au moment où une enquête de l’ONU doit débuter lundi.

« Les Etats-Unis essuieront un échec comme lors de toutes les guerres précédentes qu’ils ont déclenchées, du Vietnam jusqu’à nos jours », a-t-il indiqué dans une déclaration à la presse.

« Les déclarations faites par des hommes politiques aux Etats-Unis et en Occident sont une insulte au bon sens », a ajouté Al Assad, dont l’avertissement intervient au moment où Washington et Londres étudient les options militaires pour répondre à l’attaque chimique présumée mercredi près de Damas.

Selon des organisations des droits de l’Homme citées par des médias, les forces gouvernementales syriennes avaient lancé une attaque à l’arme chimique dans une banlieue de Damas, faisant plus de 600 morts. La Coalition nationale de l’opposition syrienne affirme pour sa part que le nombre de morts pourrait atteindre 1.300 personnes. Les autorités syriennes et le commandement militaire du pays ont démenti ces informations. Cette attaque a coïncidé avec l’arrivée en Syrie d’une mission de l’ONU chargée d’enquêter sur un éventuel recours aux armes chimiques.

Damas estime que les grandes puissances occidentales tentent d’instrumentaliser la question des armes chimiques pour répéter en Syrie le « scénario irakien ».

Dimanche, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel avait déclaré que les forces armées des Etats-Unis étaient prêtes à intervenir en Syrie, si le président Barak Obama en donnait l’ordre.

Pour sa part, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a affirmé que les pays occidentaux décideront d’une réaction « arbitrée dans les jours qui viennent », tandis que la Turquie se disait prête à rejoindre une coalition contre la Syrie, même sans consensus à l’ONU.

La Russie, puissante alliée du régime, a, quant à elle, mis en garde Washington contre les conséquences « extrêmement graves » pour la région en cas d’intervention militaire.

L’Iran, allié du régime syrien, a de nouveau menacé les Etats-Unis de « dures conséquences » en cas d’intervention.

Les experts de l’ONU se sont rendus ce lundi sur les lieux de ladite attaque à l’arme chimique au moment où de hauts responsables militaires de pays occidentaux et musulmans entameront une réunion de deux jours en Jordanie pour discuter « des scénarios » possibles après les « dangereux développements » en Syrie.