Après Twitter, la Turquie bloque Youtube

L’accès au célèbre site de partage des vidéos « YouTube » a été bloqué jeudi en Turquie par une décision administrative de l’autorité des télécommunications (TIB), une semaine après avoir interdit Twitter, accusé d’être utilisé comme ‘un outil de diffamation systématique en véhiculant des enregistrements acquis illégalement et des écoutes téléphoniques truquées » qui mettent en cause le régime dans le scandale de corruption.

Cette interdiction intervient juste après la diffusion sur la plateforme YouTube l’enregistrement d’une conversation dans laquelle quatre hauts responsables turcs, dont le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu et le chef des services de renseignement (MIT) Hakan Fidan, évoquent la sécurité du Mausolée turc ‘Souleymane Shah », qui se trouve sur le territoire syrien, précise le quotidien +Hurriyet Daily News+.

La Turquie a mis en garde à maintes reprises les combattants en Syrie contre une attaque contre ce mausolée considéré comme un territoire turc à l’intérieur de la Syrie.

Le ministère des Affaires étrangères a adressé un message à la TIB lui demandant de bloquer l’accès à certains liens sur YouTube dont le contenu est jugé ‘menaçant la sécurité nationale », a rapporté l’Agence de presse officielle turque +Anatolie+.

Le ministère turc des Affaires étrangères a précisé dans un communiqué que cet enregistrement avait été ‘manipulé » avant de dénoncer une « attaque haineuse » à la sécurité nationale de la Turquie.

L’authenticité de cette discussion et les conditions de son enregistrement, diffusé sur YouTube, n’ont pas été établies.

Le blocage de YouTube intervient une semaine après l’interdiction du site de microblogging Twitter, quelques heures après avoir été menacé par le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, qui lui reproche de nourrir la contestation après la diffusion d’enregistrements audio qui le mettent directement en cause dans le scandale de corruption qui continue de secouer son gouvernement.

Cette interdiction a soulevé un tollé de critiques aussi bien en Turquie qu’à l’étranger, notamment à Washington, Paris, Berlin et Bruxelles, comme elle a suscité l’indignation au plus haut niveau de l’Etat en Turquie en la personne du président Abdullah Gul, qui avait déclaré: « On ne peut pas approuver le blocage total des réseaux sociaux (…), j’espère que cette situation ne durera pas longtemps ».

Le tribunal administratif de la capitale Ankara a émis mercredi un sursis à l’exécution de cette décision très controversée de la TIB. L’accès à Twitter reste toutefois bloquée, l’autorité turque a trente jours pour faire appel à cette décision de justice ou s’y conformer.