Algérie : le manque de contrôleurs serait à  l’origine des 100 milliards de dollars d’impôts non recouvrés

La Direction générale des impôts (DGI), relevant du ministère des Finances a justifié, dimanche, le montant faramineux des impôts non recouvrés en Algérie par le manque de « contrôleurs » en matière de fiscalité pétrolière, un secteur qui représente de très loin la principale source de revenus du pays.

Dans son rapport d’appréciation sur l’exécution du budget 2011, rendu public mercredi dernier, la Cour des comptes avait fait état d’un cumul de la fiscalité non recouvrée qui a frôlé les 8.000 milliards de DA, l’équivalent de quelque 100 milliards de dollars, en raison « des lacunes dans les procédures ».

Tout en se demandant si « le risque (de fraude) est vraiment situé au niveau de Sonatrach (société nationale des hydrocarbures) et de ses associés », une source de la DGI a reconnu, dans une déclaration à l’agence APS, ne pas disposer de « beaucoup de contrôleurs » en matière de fiscalité pétrolière, en allusion aux critiques de la Cour des comptes.

« S’il y a nécessité, nous les mobiliserons », a affirmé la même source, estimant qu' »il ne faut pas aller au hasard » concernant les soupçons entourant la Sonatrach, déjà confrontée à une série d’affaires de détournements de fonds et de concussion, parce que « le risque est ailleurs ».

Pour un meilleur contrôle des déclarations fiscales sur le chiffre d’affaire de Sonatrach et de ses associés, la Cour des comptes a recommandé « la généralisation des systèmes de comptage sur l’ensemble des gisements d’hydrocarbures en exploitation », partant du fait que « l’administration fiscale ne dispose pas de moyens appropriés pour vérifier les déclarations fiscales ».

Seulement trois agents sont affectés au service de la fiscalité pétrolière chargé de la gestion et du suivi des dossiers fiscaux, avait pointé le rapport de la Cour des comptes, notant que « l’administration fiscale ne dispose pas d’une structure centrale ayant pour mission le contrôle et le suivi des flux des produits pétroliers ».

La nouvelle affaire « risque d’avoir l’effet d’un tsunami sur le groupe pétrolier déjà éclaboussé par d’innombrables scandales de corruption », avait écrit le quotidien +L’Expression+, déplorant qu’en 2013, « l’Algérie n’a pratiquement pas de contrôle sur sa mamelle ».