Akhannouch : le gouvernement a entamé la mise en œuvre de plusieurs mesures visant la réhabilitation de la profession d’enseignant

Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a affirmé, mardi à Rabat, que l’Exécutif a entamé la mise en œuvre de plusieurs mesures visant la réhabilitation de la profession d’enseignant et le renforcement de son attractivité.

Il a été procédé, à cet effet, à la signature d’un accord-cadre portant sur la mise en œuvre, à partir de la prochaine année scolaire, d’un programme de formation des enseignants du primaire et du secondaire à l’horizon 2025, qui mobilisera une enveloppe de 4 milliards de Dirhams sur 5 ans, le but étant de jeter les bases d’une nouvelle architecture de formation de base, a-t-il précisé.

M. Akhannouch, qui répondait à une question lors de la séance mensuelle consacrée à la politique publique à la Chambre des conseillers au sujet de « la réalité du secteur de l’éducation et du plan de réforme », a expliqué que ce programme a pour objectif de consolider la formation de base des étudiants du cycle de licence en éducation et d’en faire un cursus d’excellence et un levier pour un enseignement de qualité, à travers la mise en place d’un système de formation s’étalant sur 5 ans, dont 3 ans de cycle de licence en éducation, une année de qualification au sein des centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation et une autre année de stage dans les établissements scolaires.

Le chef du gouvernement a souligné que cette nouvelle stratégie requiert l’amélioration de la qualité de la formation, le développement des aspects pédagogiques au niveau des écoles supérieures des enseignants et la création de nouveaux cycles modernes et de qualité.

Il a relevé que ce programme ambitionne, en outre, d’améliorer l’attractivité des cursus afin qu’ils puissent attirer les étudiants les plus méritants et de consacrer des indemnités aux étudiants inscrits en contrepartie d’activités éducatives au profit des établissements d’enseignement, d’élargir l’offre d’accueil et d’ouvrir, à partir de l’année prochaine, le cycle de licence en éducation aux élèves titulaires d’un Baccalauréat, ainsi qu’aux étudiants titulaires d’un Bac 1 et d’un Bac 2.

M. Akhannouch a fait observer que l’accord-cadre signé permettra, durant les 5 prochaines années, d’augmenter de plus de 5 fois le nombre des enseignants inscrits dans le cycle de licence d’éducation pour l’enseignement primaire et secondaire afin qu’il atteigne, à l’horizon de l’année de formation 2026-2027, plus de 50.000, au lieu de 9.000 étudiants actuellement, en perspective de l’intégration de 80% des nouveaux enseignants dans les cycles primaire et secondaire, à travers ce nouveau cursus de formation.

Dans le but de faciliter le travail des enseignants et renforcer leur influence sur les apprenants, a poursuivi M. Akhannouch, il sera procédé à l’élaboration de nouveaux programmes scolaires et approches pédagogiques, ainsi à la promotion de l’utilisation des outils numériques, tout en dotant le corps enseignant des guides pédagogiques et du matériel didactique nécessaires au développement de pratiques pédagogiques efficaces permettant d’acquérir les apprentissages de base et d’enrichir les ressources pédagogiques au niveau des classes.

Il a fait savoir que le deuxième axe de ce nouveau plan de réforme vise à préparer les enseignants afin qu’ils contribuent à la réussite des élèves dans leurs cursus d’enseignement, en garantissant une formation de base et continue de qualité pour leur promotion professionnelle, avec le soutien du corps des inspecteurs.

L’objectif est aussi, a poursuivi M. Akhannouch, est d’améliorer la qualité de la licence en éducation, de renforcer les compétences et les capacités, ainsi que de consolider le système des unités d’application au niveau des formations de base et continue, à travers la généralisation des contrôles pratiques dans les classes, ajoutant que, pour cela, il sera procédé à la création d’un centre d’excellence pour garantir la qualité du système de formation des enseignants.

Selon M. Akhannouch, le gouvernement veillera, par ailleurs, à préparer les conditions de travail adéquates pour les enseignants, à la création d’un climat de travail propice au sein des établissements scolaires et à la valorisation des efforts des cadres éducatifs et de leur engagement envers les apprenants.

Il a ajouté qu’il sera question également du renforcement de la coopération pour la mise en place d’ »un nouveau Statut des enseignants et du corps enseignant », dans le cadre du dialogue social, ainsi que de l’ouverture de nouveaux horizons prometteurs en matière de promotion professionnelle.

Cette feuille de route envisage à l’horizon 2027 d’exploiter plusieurs leviers essentiels visant à consolider l’indépendance des établissements et permettre leur gestion de manière efficace, avec tout ce que cela requiert en termes d’augmentation productive du budget d’investissement, de promotion de la gestion déléguée des services qui ne font pas partie de la mission éducative proprement dite et d’amélioration des conditions logistiques au sein des établissements.

Dans le but de garantir un dialogue permanent avec les familles, des équipes éducatives seront formées pour travailler en étroite collaboration avec le directeur de l’établissement et dont la mission sera d’assurer la direction éducative et d’engager un dialogue éducatif.

M. Akhannouch a conclu que ce nouveau plan de réforme ambitionne, par ailleurs, de diversifier les activités éducatives au profit des élèves, en matières notamment de soutien scolaire et des sports, outre les domaines de la lecture, des langues, du théâtre et de la musique, à travers la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés, le but étant de permettre à l’école d’assumer son rôle d’espace de vie et de diversement, au-delà du cadre d’apprentissage.