Accord de pêche : le Maroc et l’UE reprendront bientôt les négociations

La Cour de justice européenne n’a pas suivi l’avocat général, Melchior Wathelet, et n’a pas invalidé l’accord. Celui-ci reste donc en vigueur, tel qu’il a été établi, jusqu’en juillet, date de son expiration.

L’arrêt rendu, mardi 27 février, par la Cour de justice européenne, CJUE, était très attendu. Il n’a cependant rien apporté d’imprévisible. Ce qu’il faut retenir dans cet arrêt c’est que la CJUE n’a pas interdit la pêche: les activités de pêche vont se poursuivre d’une manière normale jusqu’à l’arrivée à terme de l’accord en juillet prochain, a notamment souligné le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch. Le Maroc et l’UE «disposent donc d’un délai raisonnable pour entamer les négociations pour l’avenir», a relevé le ministre. En outre, la Cour a contredit l’avocat général, Melchior Wathelet, dont l’avis était, précisons-le, destiné à invalider l’accord de pêche et à dénier au Maroc toute capacité de négocier et signer un tel accord. Il ne faut pas non plus oublier que, comme mentionné dans les alinéas 1 et 2, il s’agit d’un simple avis, plus précisément une «décision préjudicielle», rendu par la Cour en réponse à une question posée par un tribunal anglais qui s’est déclaré incompétent suite à une saisine d’un groupe de lobbying anglais financé, et c’est de notoriété publique, par les mentors du Polisario.

Autre conclusion à tirer de cet arrêt, la Cour ne donne aucun rôle au Front dans ce dossier, mais demande à ce que les choses soient plus claires. En quelque sorte, il faudra plus de précisions dans le futur protocole de pêche. Il est expliqué que les coordonnées précisées dans l’actuel accord ne sont pas assez définies pour intégrer les régions du Sud.

Ce qui est sûr, c’est que la Cour ne conteste pas la capacité du Maroc, y compris dans les zones du Sud, à négocier un accord de pêche. En somme, c’est un jugement similaire à celui relatif à l’accord agricole. En conséquence, pour le futur des négociations, il va falloir adapter les outils pour être en phase avec l’arrêt de la Cour, a précisé le ministre.

Dans une déclaration conjointe, le ministre des affaires étrangères et la vice-présidente de la Commission européenne confirment, de même, «leur attachement au partenariat stratégique entre le Maroc et l’UE et leur détermination à le préserver et à le renforcer». Ils continueront leur coopération dans des domaines importants et stratégiques que sont, notamment, la politique de migration, de sécurité, de stabilité et le développement régional ainsi que de la recherche scientifique.