à‰lections communales : le PJD s’impatiente

Les islamistes menacent de quitter le gouvernement.

A une année de la fin du mandat des actuels conseils locaux, le PJD commence déjà à s’impatienter. Le chef de son groupe parlementaire, Abdellah Bouanou (photo), s’en est pris récemment au ministre de l’intérieur auquel il impute le «black-out» sur les élections locales. Aucune date n’a été avancée officiellement pour le démarrage des concertations avec les partis relatives aux textes électoraux. Rien non plus sur la mise en œuvre de l’article 146 de la Constitution qui porte sur l’organisation de la régionalisation avancée, reproche le dirigeant PJD.

Les islamistes exigent non seulement que toute la logistique et l’arsenal juridique soient prêts bien avant la date du scrutin, mais ils tiennent aussi à avoir toutes les chances de leur côté. Ainsi, des menaces à peine voilées de «remettre les clés», si les élections communales ne se passaient pas comme le souhaite le PJD, sont proférées ici et là. Les islamistes exigent un scrutin transparent et non entaché d’aucune irrégularité, c’est-à-dire l’intervention de l’administration, le trafic d’influence et l’usage de l’argent sale. Or, les élections partielles tenues durant ces deux années l’auront montré, à chaque fois que le PJD perd, il crie à la fraude électorale, à l’usage de l’argent et même à l’implication de l’administration locale. Et quand ce sont ses candidats qui sont élus, c’est une preuve manifeste de la popularité et un désaveu de ses adversaires et leurs tentatives de perturber l’action du gouvernement. Ce qui fait dire à certains analystes que par ces dernières sorties, le parti ne fait qu’anticiper une éventuelle déroute électorale. Les mêmes analystes font remarquer, par ailleurs, que celui qui remportera les futures élections communales aura toutes les chances de gagner les législatives, une année plus tard.