2M « se délocalise » à Agadir, le temps d’une commémoration

A l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire du tremblement de terre de 1960, 2M délocalise un rendez-vous télévisé incontournable pour une diffusion en direct à partir d’Agadir, samedi 29 février. Pas moins de cinquante personnes, toutes spécialités confondues, feront le déplacement.

C’est une sorte de défi à relever, avec des risques bien entendu. Mais la chaîne d’Ain Sebaâ a déjà gagné des paris de la même envergure. N’empêche, l’enjeu est de taille. Pour 2M, le concept est simple : une délocalisation à Agadir. Certes, la chaîne dispose déjà d’un bureau local avec une équipe qui travaille régulièrement. Mais là c’est tout un dispositif qui se déplace de Casablanca vers la perle du Souss. Un plateau, des équipes de journalistes, de techniciens, de réalisateurs et tout ce qui va avec, seront sur place pour faire le même travail réalisé normalement depuis le siège sis à Ain Sebaâ.

Ainsi, la commémoration du 60e anniversaire du tremblement de terre de 1960 connaîtra une couverture particulière. Plus de six décennies plus tard, ce moment tragique, cette mobilisation nationale pour la renaissance est devenue tout un symbole pour la nation mais surtout un pan de l’histoire qu’il est important de marquer…pour les générations montantes surtout.

«L’édition de 12h 45mn va être spéciale, une diffusion depuis le plein air», explique Salim Cheikh, DG de 2M. Ce samedi 29 février donc, à partir de 12h 45 et pendant deux bonnes heures, les téléspectateurs de 2M pourront découvrir une multitude de thèmes, de reportages, de témoignages et d’interviews en direct…. partout à travers la ville d’Agadir et sa région. Cette édition de la mi-journée sera présentée par Sanaa Rahimi, un visage des plus familiers dans les foyers où on suit l’information sur la deuxième chaîne. Esprit libre, infatigable, c’est le joker du Journal télévisé de 2M. Si elle roule sa bosse depuis une vingtaine d’années à la chaîne d’Ain Sebaâ, elle garde une incroyable fraîcheur. L’enthousiasme de cette présentatrice semble ne jamais s’émousser. A l’instar de son humour, il est inoxydable. Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que 2M s’assigne une telle mission. «Nous avons déjà accompagné des événements d’envergure nationale, comme ce fut le cas à l’occasion de la commémoration du 44e anniversaire de la Marche Verte».

Sana Rahimi, rédactrice en chef et présentatrice phare du JT à 2M.
Sana Rahimi, rédactrice en chef et présentatrice phare du JT à 2M.

Plusieurs thématiques prévues

«En réalité, à 2M, nous voulons donner un vrai sens au travail de proximité. Allez envers les gens en tant que télévision c’est bien, mais le meilleur serait de les impliquer, de les sensibiliser en leur donnant la parole. Surtout les jeunes. C’est un souci permanent chez nous à 2M. Branchés jour et nuit sur Internet, les jeunes téléspectateurs boudent la télévision et singulièrement l’information télévisée. Le challenge serait de les récupérer de manière intelligente», poursuit Sanaa Rahimi. A vrai dire, il n’est pas coutumier de voir «nos» chaînes nationales tentées par ce genre de défi. La plupart préfèrent le confort du différé ou du direct. D’où le mérite qui revient à la chaîne d’Ain Sebaâ dans ce sens.

A une question sur les grands thèmes prévus pour ladite édition spéciale, la présentatrice confie qu’il s’agit de «la valorisation du tissu associatif dans tous les domaines, des femmes avec une parité absolue, que ce soit dans les reportages ou parmi les invités. Il sera aussi question de la jeunesse et de son intégration socio-économique…», ajoute Mme Rahimi. En gros, les thèmes choisis vont de la préservation du patrimoine environnemental et culturel, jusqu’à la problématique de l’eau, en passant par la matière agricole, le tourisme et la valorisation de l’ensemble de la région d’Agadir et en arrivant aux domaines de l’éducation et de la santé, avec une démonstration des points forts de la particularité d’Agadir. Il faut dire que la management de la chaîne d’Ain Sebaâ a mis le paquet, compte tenu de l’importance de la mobilisation. Comme l’explique clairement le directeur général de 2M, pas moins de cinquante personnes, femmes et hommes, bien entendu, feront le déplacement. Il y aura des journalistes, des rédacteurs et rédactrices en chef centraux, des techniciens, des caméramans, des réalisateurs et des assistants. Cela sans parler du renfort assuré par les équipes du bureau d’Agadir et région. En somme, on peut dire que c’est impressionnant. Pourquoi ? Tout le monde sait, notamment dans le milieu professionnel, que cette chaîne, autrefois fleuron de l’audiovisuel marocain, souffre le martyr côté ressources. D’ailleurs, le diagnostic établi par la Cour des comptes à propos de la SOREAD-2M fait état d’une situation financière alarmante, chiffres d’affaires inférieurs aux charges, manque à gagner sur les recettes publicitaires… la situation de la deuxième chaîne nationale ne semble pas réjouissante. L’autre revers de la médaille, c’est que la part d’audience de la chaîne est, pour ainsi dire, un «exploit» comparé aux moyens mis à sa disposition.
C’est dire à quel point sont énormes les efforts fournis par les équipes de la chaîne d’Ain Sebaâ. Et malgré une concurrence agressive, «2M arrive à se positionner comme la chaîne la plus puissante et la plus regardée du Maghreb».

Questions à Salim Cheikh, DG de 2M
Questions à Salim Cheikh, DG de 2M

Lire aussi :

Tremblement de Terre Agadir : Il y a 60 ans, La Vie Economique était là
Agadir : l’histoire d’une reconstruction
Les survivants du tristement mémorable séisme d’Agadir se souviennent