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Comment vous retrouver dans la jungle des cartes bancaires
Une différenciation de base : débit immédiat ou différé.
De plus en plus, c’est la panoplie des services non bancaires offerts
qui fait la différence.
N’hésitez pas à changer de carte au fur et à mesure
que votre situation évolue.
Prenez une assurance contre le vol.

Lemarché marocain des cartes bancaires est en pleine explosion. Les caisses des grandes
surfaces réalisent de plus en plus de transacations par carte et le nombre
de ces petits rectangles en plastique a dépassé les 2 millions, à fin
2004, et celui des opérations a atteint les 56,6 millions, selon les derniers
chiffres publiés par Bank Al Maghrib. Certes, on est encore loin de la
situation du marché américain où chaque ménage détient,
en moyenne, quatre cartes de crédit, sans compter les cartes privatives
; mais la montée en régime est bel est bien là. Ce qui aiguise
l’appétit des banques qui font de cette activité un levier
important pour dynamiser les marges sur commissions. Aussi, la palette des produits
monétiques ne cesse-t-elle de s’étoffer par des nouveautés
censées améliorer l’équipement de la clientèle
mais aussi ses utilisations.
Au-delà des avantages comparatifs - de plus en plus ténus au vu
de l’alignement immédiat sur les précurseurs devenu la règle
entre établissements de crédit -, au-delà de la quasi-uniformisation
des tarifs, il est utile de dresser la typologie des cartes, les règles
de fonctionnement, les conditions d’éligibilité et les risques
y afférents.
Les cartes à débit immédiat
Destinées aux détenteurs de comptes-chèques ou sur carnet,
sans aucune condition d’âge, d’ancienneté ou de solde
de compte, ces cartes incarnent, en quelque sorte, l’entrée de
gamme de la panoplie. La majorité de ces produits monétiques
fonctionnent en mode online (directement liées au solde du compte) et
les plus basiques sont des cartes privatives, adossées à un compte-chèques,
qui permettent, à l’échelle de la seule banque émettrice,
des retraits d’argent en espèces sur les guichets automatiques
bancaires (GAB), avec un plafond quotidien établi par la banque (de
500 DH à 6 000 DH) et utilisable par période de 48 h pour les
cartes n’opérant pas online.
L’exemple type est celui des cartes «Wafra» de la Banque
Populaire, «Express» du CIH ou «Tijari» d’Attijariwafa
bank. Seul avantage : vous permettre d’accéder à votre
compte 24h/24 et 7j/7 en vous évitant l’attente aux guichets d’agence.
Certaines banques ont toutefois lancé avec succès des cartes à principe
similaire, mais adossées à des comptes sur carnet.
Quant au second palier des cartes de débit immédiat, il offre
au client la possibilité d’effectuer également des paiements
au Maroc auprès des commerçants munis de TPE (terminal de paiement électronique)
et affiliés au réseau Visa. Contrairement aux opérations
de retrait, ces règlements d’achat sont déplafonnés
(dans la limite du solde disponible).
Commande de chéquier, recharge de téléphone... l’éventail
s’élargit
Outre leurs fonctions classiques de paiement et de retrait, les cartes vous
procurent une gestion efficace de votre compte à travers la consultation
du solde et l’obtention du relevé des dernières opérations.
Mais attention au coût car ce service est parfois facturé. Vous
pouvez aussi commander votre chéquier à partir du GAB (mais sans
le réceptionner !) et opérer des virements de compte à compte
aux tarifs normaux de ces opérations (cette faculté n’est
pas encore généralisée). Enfin, grâce à des
partenariats opportuns avec les opérateurs téléphoniques,
il vous est possible dans certaines banques de recharger votre carte prépayée
ou votre forfait plafonné à travers une simple opération
de guichet par débit de votre compte.
Bien évidemment, la redevance au titre de ces cartes est relativement
moins élevée. Les offres les plus compétitives tournent,
en hors taxes, autour de 80 DH pour les cartes qui accompagnent des comptes
sur carnet et de 140 DH pour celles adossées à un compte-chèques
et ce, pour une durée de deux ans, qui correspond généralement à la
validité des cartes à débit immédiat. Cette redevance
est payable au moment de la souscription ou du renouvellement (par tacite reconduction
sauf avis contraire exprimé par le titulaire au moins deux mois avant
la date d’échéance).
Enfin, mis à part la perte ou le vol de la carte et les moyens pour
s’en prémunir (voir encadré), ces cartes de crédit
immédiat ne présentent pas de risque de découvert (sauf
pour les quelques cartes qui n’utilisent pas encore le débit online
et procédant par autorisation préétablie) puisque étant
directement liées au solde disponible du compte- chèques (la
transaction est refusée si la provision est insuffisante).
Les cartes à débit différé
Destinées à une clientèle détentrice d’un
compte-chèques et allant de solvable à très prestigieuse,
ces cartes sont de véritables outils de crédit car les retraits
d’espèces et les paiements chez les commerçants qu’elles
vous permettent donnent lieu à un débit différé sur
la base d’un plafond renouvelable chaque mois. C’est à dire
que votre compte n’est débité du montant de ces opérations
qu’en fin de mois. Mais, attention ! car le débit différé est
un crédit comme les autres qui vous fait supporter un taux d’intérêt
sur vos utilisations.
Tâchez alors de n’entamer votre autorisation de carte qu’une
fois votre compte- chèques débiteur. Car, pour vos retraits d’espèces
sur les GAB, vous avez le choix entre l’accès à votre compte
ou au plafond que vous consent votre banquier sur votre carte. Autrement, vous
laisserez une provision non rémunérée (compte-chèques
oblige) sur votre compte et utiliserez un emprunt au coût non négligeable.
Le plafond des autorisations évolue de 2 000 DH, pour les cartes les
plus simples, à 200 000 DH pour les cartes prestigieuses, type Visa
Or ou Gold Mastercard, réservées à une clientèle
très haut de gamme justifiant de revenus récurrents importants.
Attendez que votre compte soit débiteur avant d’entamer
votre autorisation
Contrairement aux cartes de débit immédiat, l’octroi d’une
carte de cette catégorie est soumis à la satisfaction de certaines
conditions. Aussi, si vous êtes fonctionnaire ou salarié du secteur
privé, vous devez :
- justifier d’une ancienneté de bancarisation de 3 à 6
mois selon la banque émettrice,
- procéder à une domiciliation irrévocable de votre salaire
sur le compte-chèques auquel sera adossé votre carte,
- justifier d’un revenu après déduction des échéances
de tous crédits confondus (immobilier, consommation…), au moins égal à 2
fois le plafond autorisé. Par exemple : si votre revenu net des échéances
de crédit est de 6 000 DH, vous ne pouvez aspirer à une autorisation
(paiement et retrait) supérieure à 3 000 DH.
Par contre, si vous exercez une profession libérale, c’est au
directeur d’agence, voire du groupe, si le plafond sollicité est élevé,
de juger de votre solvabilité pour vous faire bénéficier
de tel ou tel produit.
Plus risquées pour la banque que la première famille de cartes,
celles à paiement différé ont, pour leur quasi-totalité,
une durée de validité d’un an. La disparité des
tarifs entre banques est à ce niveau plus prononcée notamment
pour les cartes prestigieuses qui fournissent des services associés
divers (voir ci-après) difficilement comparables. A titre indicatif,
la fourchette de redevances annuelles évolue en HT de 140 DH à 750
DH.
Il est à relever que, dans un souci de différenciation, les banques
proposent à leur clientèle équipée de cartes bancaires
des services associés allant crescendo, cela va des cartes Visa ou Mastercard
classiques jusqu’à des produits plus prestigieux. Il en est ainsi
de l’assurance voyage (conditionnée au règlement du séjour
et du titre de transport avec la carte en question), qui inclut une garantie
accident, perte ou vol de bagages, voire la reconstitution de papiers d’identité perdus
au cours du voyage. Certaines cartes proposent également des réductions
avantageuses pour vos séjours dans des chaînes hôtelières
partenaires de la banque émettrice (par exemple : unités marocaines
du groupe Accor pour certains produits d’Attijariwafa bank).
Enfin, et contrairement aux premières cartes précitées,
les produits monétiques à réelle vocation de crédit
présentent un risque de découvert en fin de mois après
le débit différé. Ainsi, il est recommandé de ne
pas abuser de l’autorisation accordée, notamment si vous êtes
déjà tangent en matière d’éligibilité (plafond
de votre carte assez proche des 50% de votre «reste à vivre» qui
correspond au revenu défalqué de toutes les traites).
Au demeurant, que vous soyez détenteur d’une carte (ou plusieurs) à paiement
différé ou immédiat, voire en cours d’équipement,
n’oubliez pas que cette dernière est un moyen de paiement et de
gestion de votre compte qui doit s’adapter à vos besoins et profils
qui sont, pour leur part, évolutifs.
N’hésitez donc pas à résilier votre contrat si une
carte est devenue inappropriée à votre nouvelle situation (compte
sur carnet redescendu structurellement à moins de 1000 DH après
un achat immobilier ou autre : carte associée peu opportune) ou revoir
les autorisations si cela devient nécessaire et surtout possible.
Pour une même catégorie de cartes, les avantages comparatifs
sont de plus en plus ténus en raison de l’alignement immédiat
des établissements sur les précurseurs.
Vol ou perte : comment éviter les mauvaises surprises
La mise en opposition est le meilleur moyen de vous protéger en cas de
perte, de vol ou d’utilisation frauduleuse de votre carte bancaire. Le
coût de chaque opposition est d’environ 30 DH. Dans un premier temps,
il vous suffit de le faire par téléphone auprès de votre
agence ou en appelant un numéro spécial pour les détenteurs
de certaines cartes particulières, avant de le confirmer ensuite par écrit.
Mais tâchez d’accompagner votre demande d’un récépissé de
déclaration au commissariat ou à la gendarmerie. Si le sinistre
intervient un jour férié ou un jour de fermeture de l’agence
(sans que vous ayez la possibilité de contacter un numéro spécial),
veillez à faxer à votre agence la lettre d’opposition avant
de vous présenter physiquement dès le premier jour ouvrable.
Mais, même entouré de ces précautions, votre responsabilité sur
les utilisations frauduleuses, qui risquent d’être débitées
de votre compte, n’est totalement dégagée qu’à partir
du 4e jour ouvrable de la réception par l’agence de votre déclaration.
Pour avoir une relative quiétude, vous pouvez souscrire (quand cela n’est
pas inclus en package avec la carte) une assurance pour le remboursement des
paiements frauduleux avec un plafond annuel fixé par la banque. La police
annuelle d’une telle assurance est généralement modique,
ne dépassant pas 50 DH TTC.
Vérifiez aussi, dans la rubrique des conditions tarifaires de votre contrat,
que les remplacements de carte et de PIN (code personnel d’utilisation)
sont gratuits car autrement le produit est peu compétitif
Carte internationale :
des commissions élevées
Depuis à peine un an, les banques commercialisent des cartes utilisables à l’étranger,
pour retrait ou règlements d’achats en devises, destinées à tout
client personne physique détenteur d’un compte-chèques et
bénéficiaire d’une dotation en devises accordée par
l’Office des changes. Moins électives ou professionnelles que les
cartes octroyées depuis longtemps aux détenteurs de comptes en
devises ou en dirhams convertibles, ces nouveaux produits sont censés
faciliter vos dépenses à l’étranger lors de vos déplacements
en tourisme. Utilisables dans la limite de votre dotation, ces cartes n’agissent
pas directement sur votre compte-chèques mais sur une provision constituée
en dirhams et alimentée uniquement par ce dernier. Cette provision est
soldée automatiquement le 31 décembre de chaque année et
peut être soldée partiellement ou totalement avant cette échéance à votre
demande.
Mais attention au coût. Car si la redevance pour ces cartes novatrices
est généralement plus faible que pour une carte similaire à usage
domestique, les frais prélevés pour chaque opération sont
loin d’être négligeables : 1% de chaque retrait ou règlement
(dont un cinquième est reversé à Bank Al Maghrib), sans
compter une redevance fixe pour chaque retrait sur guichet (entre 2 et 3 dollars,
soit 22 DH en moyenne). Quant au taux de changes, certaines banques appliquent
un niveau légèrement plus intéressant que celui appliqué pour
obtenir des billets de banque.
m.o.
www.lavieeco.com
2005-09-09
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