Vie de couple

Comment les Marocains vivent leur sexualité

Ils ont pris de plus en plus conscience de l’importance de la sexualité dans leur vie, et les femmes veulent leur part du plaisir mais les tabous continuent de peser. Maux sexuels les plus fréquents : vaginisme, anorgasmie totale ou partielle chez la femme ; problèmes érectiles, éjaculation précoce chez l’homme ; manque de désir sexuel chez les deux.

Comment les Marocains vivent leur sexualité

Il n’est pas d’être humain adulte sur la planète qui ne pense au sexe, c’est inscrit dans nos gènes et la rapport à la sexualité est conditionné par plusieurs facteurs : religion, éducation, culture locale, vécu.. La sexualité est source de procréation et de vie, mais pas uniquement, elle est aussi source de plaisir…ou de dégoût ; de bonheur…ou de malheur ; d’amour…ou de désamour ; de paix…ou de guerre dans un couple.

Tout dépend de la manière avec laquelle on vit et on partage sa sexualité. «Personne dans le couple ne devrait juste imposer ses idées. Cela créera avec le temps des ressentiments et des frustrations, et donc forcément un éloignement physique ou émotionnel… Réfléchissez et vous saurez que la sexualité est le pilier fondamental de toute vie heureuse», écrivait, Amal Chabach, sexologue et thérapeute de couple, dans un livre intitulé «Le couple arabe au XXIe siècle». Le premier ouvrage en son genre au Maroc, qui établit un diagnostic tiré d’histoires vécues et de «confessions» de couples, et en même temps un mode d’emploi pour vivre pleinement et sans complexe sa sexualité. C’est connu, deux choses peuvent construire ou déconstruire, bâtir ou démolir un couple : l’argent et le sexe. Ce dernier, insistent nombre de sexologues, est la base sur laquelle repose un couple. S’il est mal vécu, il peut être source de malheur.

Mais là, quand on parle d’une relation sexuelle, ce n’est pas de l’acte copulatoire mécanique qu’il s’agit, mais de l’acte amoureux, celui fondé sur l’écoute de l’autre, le partage du plaisir avec son partenaire. Car il y a «une grande différence entre avoir une relation sexuelle et faire l’amour», nuance le sexologue Aboubakr Harakat. Une chose est sûre, enchaîne Abderrazzak Moussaïd, médecin sexologue psychosomaticien, et président de l’Association marocaine de sexologie, «au Maroc, les femmes, en général, vivent mal leur sexualité à cause de la frustration qui en découle, pour la simple raison que la sexualité féminine est mal connue, aussi bien des hommes que des femmes elles-mêmes».
 

Les tabous inhibent une relation sexuelle épanouie
 

Pour tenter de cerner la sexualité des Marocains, la manière dont ils la vivent, nous avons interrogé les trois sexologues précités, en leur posant les mêmes questions : comment les Marocains vivent-ils leur sexualité ? Quels sont ces interdits, ces tabous, qui les empêchent de vivre pleinement et avec bonheur cette sexualité ? Un couple qui vit un trouble sexuel consulte-t-il un spécialiste pour connaître l’origine du blocage ? Et si les Marocains consultent, pour quels troubles exactement ? Enfin, que faut-il faire pour vivre pleinement l’acte amoureux ?

Premier constat de ces entretiens : nos concitoyens prennent de plus en plus conscience de l’importance du sexe dans la vie d’un couple. Ils sont plus enclins qu’il y a une dizaine d’années à s’adresser à un spécialiste pour raconter leur vie intime, et trouver une issue à leur désarroi sexuel. Deuxième constat : les femmes, autrefois passives et subissant le bon vouloir sexuel de l’homme, réclament désormais leur part du plaisir, elles veulent  leur part d’orgasme et de réalisation sexuelle, au même titre que leur partenaire. Troisième constat : le manque flagrant d’éducation sexuelle et la méconnaissance de l’anatomie du corps ne facilitent pas l’accès au plaisir. Quatrième constat : la prévalence des tabous, ces «hchouma» qui inhibent l’épanouissement sexuel au sein du couple marocain. Cinquième constat : il n’y a pas d’enquête scientifique sur la sexualité des Marocains, et même les médias audiovisuels font encore peu d’émissions et d’entretiens avec des spécialistes sur le sujet. L’unique enquête sur «les habitudes sexuelles au Maroc», remonte à 2009. Mais elle n’a touché qu’un millier de personnes, âgées de 35 à 60 ans, et dans les grandes villes seulement. Elle a le mérite d’exister, certes, mais elle est loin de refléter fidèlement le rapport des Marocains avec leur sexualité. «Seul un échantillon représentant toutes les couches de la population, d’un minimum de 3 000 à 4 000, est à même de nous donner une juste idée», estime le Dr Harakat. Il convient par ailleurs de souligner que la sexualité commence de plus en plus précocement chez les jeunes, mariés ou non mariés. Or, ces derniers sont exclus de cette enquête.

 

Lire aussi : 

Les tabous et le manque d’éducation à la base compliquent la sexualité des couples

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Jaouad Mdidech. La Vie éco
www.lavieeco.com

2012-08-29

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