Portrait

Mohamed Badraoui, directeur de l'INRA

Un homme de science parfaitement connecté à l’économie. Inscrit à l’école à l’âge de huit ans, cet ingénieur agronome a fait un parcours sans faute sanctionné par un doctorat à l’Université du Minnesota.

Mohamed Badraoui

Mohamed Badraoui, directeur de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), incarne le concept de chercheur parfaitement connecté à l’économie. Il a compris très vite la nécessité d’adapter la recherche au besoin du développement de l’entreprise et de l’économie. De ce fait, il a été un des premiers spécialistes à plancher sur la problématique des sols tirs (terres grises et noires). En effet, Mohamed Badraoui a percé le mystère de ces terres qui, en dépit de la satisfaction de leurs besoins en fertilisants potassiques énormes, continuaient à donner des rendements moyens s’ils ne sont pas tout simplement décevants. En fait, grâce à une bourse américaine, il a fini par établir que ces sols ne pouvaient transmettre aux plantes les ingrédients nécessaires à une qualité de rendement et de productivité qu’une fois le seuil des besoins en potassium du sol lui-même atteint. Et c’est ce seuil que ses travaux ont permis d’identifier. Plus tard, l’INRA, qu’il dirige encore aujourd’hui, travaillera sur la maladie mortelle du palmier dattier : le bayoud, et mieux encore, proposer des variétés résistantes à la maladie. D’ailleurs, l’INRA est une des rares institutions locales du genre à toucher des royalties sur les produits issus de la recherche comme pour la variété de clémentine appelée «Afourar» et appréciée dans le monde entier et notamment en Espagne.

Un des premiers spécialistes de la chimie et de la minéralogie des sols argileux

Mohamed Badraoui est né en 1955 à Beni-Mellal. Il est le deuxième enfant d’une famille qui en comptait sept. Son père a failli oublier de l’inscrire à l’école puisque ce n’est qu’à l’âge de huit ans, et sur injonction d’autres membres de la famille, que le jeune Mohamed a rejoint ses camarades. Bien que passionné par le football -il a d’ailleurs joué dans l’équipe junior de sa ville-, cet enfant brillant reste concentré sur ses études et c’est un bac section «Sciences expérimentales», obtenu avec mention «Très bien» qui sanctionne ses études secondaires en 1975. Il s’inscrit ensuite à l’Institut agronomique et vétérinaire (IAV) et se spécialise dans «les sciences du sol». Dès qu’il obtient son diplôme en 1981, il devient enseignant-chercheur comme agronome pédologue. Il reste fidèle au poste jusqu’en 2005. Mais, entretemps, il avait obtenu une bourse de l’USAID pour préparer, entre 1983 et 1988, son doctorat (PHD) à l’université du Minnesota. Et c’est là qu’il travaille sur la problématique des sols “tirsse”. Il devient alors un des premiers spécialistes de la chimie et de la minéralogie des sols argileux. Cependant, c’est au Maroc qu’il va travailler sur le terrain.

Mais la vie active du chercheur, en dehors de ses allers et retours entre le Maroc et les Etats-Unis, suit un autre cours puisque tout en travaillant, entre autres, sur la cartographie des sols, les fertilisants et les aménagements hydro-agricoles à l’IAV, voilà qu’il est nommé en 2005 directeur de la lutte contre la désertification et de la protection de la nature au Haut commissariat aux eaux et forêts. Il élabore une étude institutionnelle. Il y avait d’autres sujets qui vont l’interpeler directement comme le programme national d’aménagement des bassins versants, la lutte contre les incendies, la réglementation de la pêche continentale (dans les cours d’eau, les lacs, les étendues de barrages…) qui relève du Haut commissariat. Il héritera d’un autre sujet de l’heure à l’époque : le plan directeur de la chasse avec tout le secteur à réorganiser, sans compter le recensement et la reconnaissance des aires protégés et, bien entendu, le programme de lutte contre la désertification. Par ailleurs, il sera parmi les 100 rédacteurs, à titre bénévole, du rapport sur le développement humain.

Il fait partie des rédacteurs du rapport sur le développement humain au Maroc

En 2008, Mohamed Badraoui est nommé directeur de l’INRA, poste qu’il occupe encore aujourd’hui. Il conforte la politique de recherche et sa connexion avec l’agriculture en général et l’exploitation des ressources de la terre. Avec un budget de quelque 300 MDH (dont 20 millions rapportés par les royalties chaque année), l’institution mène des travaux aussi bien sur les céréales, le palmier-dattier que l’olivier. Mais légumineuses et agrumes ne sont pas en reste. Et le professeur Badraoui retrouve des thèmes qui lui sont chers comme la fertilisation des sols ou encore les semences certifiées. Son ambition est de généraliser la semence certifiée à l’ensemble des 8,7 millions d’hectares de la surface agricole utile (SAU).
Le professeur Mohamed Badraoui a une vie associative très prenante puisqu’il est membre de l’Association marocaine des sciences du sol, de l’Union internationale des mêmes sciences, de la Société marocaine de chimie et de nombre de regroupements d’associations en France et ailleurs. Il est aussi secrétaire du Conseil national de l’environnement et membre du Conseil supérieur de l’eau et du climat… n
Mohamed El Maâroufi

Mohamed El Maâroufi .La Vie éco
www.lavieeco.com

2012-11-26

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