Portrait

Mohamed Abbou, membre du comité exécutif du RNI

Agronome de formation, universitaire de carrière, politicien par conviction. Fils d’un des fondateurs du RNI, il entrera en politique, sur le tard, à l’âge de 33 ans et grimpe rapidement les échelons au sein du RNI. Député depuis 1997, il est également président de commune rurale.

Mohamed Abbou, membre du comité exécutif du RNI

De son passage relativement court au gouvernement (2007-2009), Mohammed Abbou aura appris une certitude. Un ministre ne fait pas le poids devant un wali, fût-il son supérieur hiérarchique, théoriquement s’entend. L’ancien ministre délégué chargé de la modernisation des secteurs publics garde un souvenir amer de ce bras de fer qui l’a opposé, début octobre 2009, au wali de la région de Taza-Al Hoceima-Taounate. Ni le soutien de la majorité des membres du Conseil de la région, ni la voix de la raison et de la légitimité qui étaient de son côté n’auront été d’aucun secours pour cet ex-prétendant à la présidence de la Région. Aussi, dans un dernier sursaut, fait-il, avec ses partisans, un sit-in devant les locaux de la wilaya pour exiger la tenue de la session élective du Conseil de la région. La suite, on la connaît. «J’ai été victime de l’Administration. C’est un épisode indigne de notre pays, ce n’est pas bien pour notre démocratie», se limite-t-il à dire pour tout commentaire. En attendant, même si ça lui a coûté, indirectement, son portefeuille de ministre, assure-t-il, il continue son chemin en homme politique engagé. Aujourd’hui, c’est lui que ses pairs, au RNI, ont choisi pour superviser l’organisation de leur prochain congrès, prévu dans deux mois.
Ce natif, en 1959, de Bni-Oulid, un village dans les environs de Taounate, avant d’être sous les feux de la rampe, en tant que ministre, a d’abord été porté au Parlement par les urnes. Tout comme son père d’ailleurs. Agronome de formation, chimiste de vocation et professeur universitaire, il est venu à la politique un peu sur le tard. Ce n’est qu’en 1992 que ce fils d’un membre fondateur du RNI franchi le pas et affronte les urnes pour la première fois, lors des élections communales. C’est tout naturellement qu’il le fait sous l’étendard du RNI, parti de son père dont il partage, non seulement les convictions, mais aussi le prénom. «C’est une tradition dans la région que le fils aîné porte le même prénom que le père», précise-t-il.

Un diplôme d’ingénieur et un doctorat

Il est d’abord simple conseiller à la commune rurale de Bni-Oulid, pendant tout un mandat avant d’en présider la destinée, depuis 1997 jusqu’à aujourd’hui. Mais avant de s’attaquer à la politique, ce membre d’une famille nombreuse a réussi un parcours exemplaire. C’est le seul de ses frères à avoir été aussi loin. D’abord, une scolarité normale, à Taounate pour le primaire et à Fès pour le secondaire. En 1978, son bac en poche, il regagne Rabat avec en tête une idée précise : continuer ses études. «Mon père est dans l’industrie agro-alimentaire, l’olive, les céréales, la trituration et la minoterie. C’est donc tout naturellement que j’ai opté pour des études en agronomie», raconte-t-il. Il décroche donc son diplôme d’ingénieur agro-industrie à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II  en 1984, mais au lieu de retourner dans sa ville natale pour prendre en main les affaires de son père, il opte pour la poursuite des études. Cette même année il s’inscrit pour faire un doctorat à l’Université Aix-Marseille. Trois ans plus tard, il rentre au Maroc pour entamer une carrière de professeur de chimie analytique à la Faculté des sciences de Fès, puis quelque années plus tard, à celle des sciences techniques de la même ville. Jusque-là, la politique ne lui disait pas grand-chose. «Il est vrai que je nourrissais à l’époque une sympathie pour le RNI, mais je n’ai jamais pensé aux élections», reconnaît-il. C’est littéralement poussé par son entourage, sa famille plus particulièrement, qu’il entre en politique. Durant ses cinq premières années de conseiller communal, il apprend les ficelles du «métier», le poids et l’influence de la famille feront le reste. Son caractère affable et sa capacité d’écoute font aussi l’unanimité autour de lui. Il est soutenu non seulement par les militants du RNI, mais aussi par d’autres partis politiques. Il remporte donc sans grande difficulté son siège au Parlement en 1997.

Candidat à la présidence du RNI ? Pourquoi pas ?

Il rempile en 2002 avec autant de succès. La même année, il est désigné président du groupe parlementaire, jusqu’en 2007. Il en est actuellement à son troisième mandat, mais il n’a pas encore décidé s’il va tenter un quatrième en 2012. «Dès que je sentirais que les gens veulent quelqu’un d’autre je m’effacerai. Je n’ai aucun complexe sur ce point», assure-t-il. Il n’en continue pas moins de garder un lien étroit avec ses électeurs. «J’ai pris l’habitude de me rendre dans ma région natale chaque semaine, tous les vendredi, samedi et dimanche», précise-t-il. Une obligation que lui impose certes son poste de président de commune, mais pas seulement : Abbou est membre actif de deux associations locales. Car s’il est une chose pour laquelle il est connu, son entourage en est témoin, c’est sa grande capacité de travail. Alors qu’il était déjà député-président de commune, il trouvait encore du temps pour se consacrer à l’enseignement. «Mais je me suis rendu à l’évidence que je ne pouvais pas tout faire à la fois», reconnaît-il. Il a néanmoins tenu pendant deux ans avant de jeter l’éponge et être mis en détachement, ce que lui accorde d’ailleurs son statut de parlementaire.
Dix ans après avoir porté les couleurs du RNI, il rejoignait son comité exécutif. Aujourd’hui, sans vraiment l’affirmer, il ambitionne d’aller encore plus loin et, pourquoi pas, devenir président du RNI. «Rien n’est encore décidé, mais tout est possible», dira-t-il avec un sourire entendu. «Pour le moment, je suis président de commission, nous travaillons avec d’autres membres pour organiser le congrès dans les meilleures conditions. L’essentiel c’est de réussir dans cet exercice de démocratie interne. Pour le reste on verra. C’est aux instances de décider qui sera le président du parti», conclut-il.

Tahar Abou El Farah. La Vie éco
www.lavieeco.com

2011-04-06

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