Portrait

Khalid SAYAH : Expert et mémoire vivante du ministère du commerce extérieur


En 1984, il revient de France bardé de diplômes et commence comme attaché de direction à l'OFPPT.
Après un passage à la Banque populaire et deux ans à redresser une affaire familiale, il rejoint le ministère du commerce et de l'industrie en 1991.
Depuis 20 ans, il a pris part à tous les grands dossiers du commerce extérieur.

Khalid SAYAH : Expert et mémoire vivante du ministère du commerce extérieur

Il pensait que les seuls diplômes allaient lui ouvrir les portes de la réussite dans la vie active. Il comprendra plus tard que ce n’était pas suffisant, et qu’il fallait aussi de l’expérience et la maîtrise progressive de certains dossiers tout comme la capitalisation d’une grande expertise. Khalid Sayah, c’est de lui qu’il s’agit, est aujourd’hui directeur des relations commerciales internationales au ministère du commerce extérieur, un poste qu’il occupe depuis dix ans. Mais cette consécration n’est pas venue toute seule car «tout doit se mériter», confie-t-il, sans aucune aigreur.
Troisième enfant d’une famille moyenne qui en compte quatre, Khalid est né en 1953 à Rabat. Son père est fonctionnaire et sa mère femme au foyer. Elève studieux de la Mission, il obtient son bac en sciences économiques en 1971. Et sans tarder, il fait ses valises pour Bordeaux. Mais une fois sur place, il hésite sur le choix du cursus à suivre. Et quand il se décide enfin, une série de grèves des étudiants va lui coûter une année blanche. Le temps perdu n’entame guère sa détermination à partir à la chasse aux diplômes, persuadé que c’est l’unique moyen de forcer le marché du travail, une fois revenu au bercail. Khalid Sayah n’obtiendra finalement sa licence en sciences économiques qu’en 1979 et enchaîne avec une maîtrise dans la même spécialité en 1980 et un diplôme d’études approfondies (DEA) en sciences politiques en 1981. Trois ans plus tard, c’est le doctorat d’université en sciences économiques qu’il rajoute à son tableau. Parallèlement à la préparation de sa thèse, il est enseignant vacataire en analyse économique.

Grande déception au retour

Pourtant, quand, en 1984, il décide de rentrer au Maroc, il ne sait pas qu’il va avoir du mal à convaincre des employeurs de l’intérêt qu’il peut leur apporter avec tous les diplômes qu’il ramène dans ses bagages. Après une période marquée par la déception et l’incompréhension et des aller-retour entre le Maroc et l’Hexagone, il accepte un poste d’attaché de direction à l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPTT). Pour son premier job, il travaillera sur le programme de mise en place de 27 centres de formation à l’époque, un chantier financé par la Banque internationale pour le développement et la reconstruction (BIRD).
Mais voilà qu’en 1987 la BCP lui offre un poste d’attaché de direction à l’Agence régionale de Rabat. Il y reste entre 1987 et 1989, avant de quitter pour des raisons, dit-il, de force majeure. En effet, il était appelé à la rescousse pour remettre de l’ordre dans un supermarché que possédait sa famille à Fès et qui était alors en grande difficulté.
Durant deux années, il travaille au redressement puis à la valorisation de ce commerce géré par une société qui s’appelait Ahlan-Fès. Une fois l’affaire redressée puis revendue, il rentre à Rabat en 1991 et intègre le ministère du commerce et de l’industrie. C’est à partir de là que la carrière de Khalid Sayah va connaître un véritable essor. Il est d’abord chargé de la division des relations économiques bilatérales qui dépendait alors de la direction du commerce extérieur. Deux ans plus tard, en 1993, il sera promu chargé des études. Dans sa nouvelle fonction, Khalid Sayah est parmi les équipes qui vont préparer le sommet du Gatt qui a eu lieu en 1994 à Marrakech, puis il travaille activement pour de grands événements auxquels participe le Maroc. Il s’agit du sommet économique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à Amman en 1995 puis en Egypte en 1996.

Accord d'Agadir, USA, Turquie… il a travaillé sur tous les grands dossiers

Khalid Sayah sera également très sollicité pour la préparation du «Temps du Maroc en France» en 1998.
Pour la suite, il est négociateur principal sur plusieurs dossiers liant le Maroc à d’autres partenaires, entre autres l’Accord d’Agadir signé avec l’Egypte, la Jordanie et la Tunisie, l’Accord de libre-échange avec la Turquie, le volet du commerce des services (négociations en cours) de l’Accord d’association avec l’Union Européenne et les négociations du cycle de Doha menées au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Sans compter qu’il a préparé ou participé à des rencontres internationales comme les conférences ministérielles de l’OMC de Cancun (2003) ou de Hong Kong (en 2005). M. Sayah a par ailleurs initié plusieurs études sur l’agro-industrie ou les textiles, qui ont servi comme plateformes aux diverses négociations commerciales du Maroc.
Bref, depuis 20 ans, il a été impliqué dans pratiquement tous les gros dossiers relatifs au commerce extérieur.
En bon technocrate, Khalid Sayah ne regrette en rien qu’il soit un acteur de l’ombre. Il regrette seulement que les opérateurs nationaux rechignent à se battre sur des marchés où ils peuvent s’octroyer de belles parts comme sur les marchés maghrébins ou du Moyen-Orient où «il y a de grosses opportunités qui ne sont que très partiellement saisies».

Mohamed El Maâroufi
www.lavieeco.com

2010-04-26

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