Pauvre Casablanca
11 mai 2018
Nabila Fathi (33 articles)
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Pauvre Casablanca

Deux ans et demi après l’installation du nouveau conseil de la ville, le visage de Casablanca n’a cessé de s’assombrir, de se déformer, reflétant une gestion hasardeuse, quand elle n’est pas carrément chaotique.

Jusqu’où dérivera la capitale économique ? Le commandant à bord semble faire plus dans l’improvisation que dans la stratégie, colmater les brèches plutôt qu’appliquer des solutions à long terme, tuer le temps en attendant un petit miracle, au lieu d’en être l’instigateur.

Malgré l’adoption en février dernier de son plan d’action communal, plan qui, d’ailleurs, attend toujours d’être validé par le ministère de l’intérieur et dont les priorités n’ont pas été fixées d’une manière claire et précise —comme l’ont maintes fois pointé du doigt de nombreux élus—, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Pire encore, deux ans et demi après l’installation du nouveau Conseil de la ville, le visage de Casablanca n’a cessé de s’assombrir, de se déformer, reflétant une gestion hasardeuse, quand elle n’est pas carrément chaotique.

Certes, la ville ne se portait pas très bien du temps de Mohamed Sajid, mais jamais elle n’a croulé sous autant d’ordures, en plus du quasi-abandon des espaces verts, de la dégradation notoire du mobilier urbain, de l’affaissement des trottoirs, de l’occupation anarchique de l’espace public par des marchands ambulants… Bref, Casablanca s’est enlaidie à vue d’œil, sous le regard impuissant mais non moins complice du maire et de ses équipes, qui auraient mieux fait de se pencher sérieusement sur le remplacement des gestionnaires de la propreté dans la ville après la résiliation du contrat avec Sita Blanca et tout récemment avec Averda, régler au plus vite le dossier de la décharge de Médiouna et celui de l’affichage public…

Le manque de communication qu’entretient fièrement le maire est une autre paire de manches. Si même les élus censés voter des projets après les avoir minutieusement examinés se plaignent à chaque conseil de leur marginalisation et du manque d’accès à l’information, que peuvent dire de simples citoyens appelés à subir sans trop poser de questions puisque de toutes les façons, ils ne recevront que des bribes d’informations sans grande importance ?

Au niveau de la gestion urbaine, Casablanca n’a pas la prétention de rivaliser avec Tokyo ou Dubaï. Mais elle mérite tout de même bien mieux que le sort qui est le sien à l’heure actuelle.

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