L’ordre des priorités
9 avril 2018
Nabila Fathi (29 articles)
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L’ordre des priorités

Le gouvernement est certes en place depuis un an, mais faire un travail de fond prend nécessairement du temps. Seuls les résultats nous renseigneront sur l’efficacité ou non de l’approche El othmani. Mais la bonne volonté y est déjà. Et cela, personne ne peut le contester.

La vie politique a changé. Qu’on apprécie le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani ou pas. Qu’on approuve son style ou pas. Depuis sa nomination à la tête du gouvernement, il y a moins d’insultes, et plus important encore un nouvel ordre des priorités clairement établi. Dans l’agenda gouvernemental, l’éducation est érigée en priorité, l’emploi aussi, notamment celui des jeunes, ainsi que le tourisme dont la nouvelle feuille de route sera dévoilée incessamment, et qui a été sciemment ignoré durant le mandat de Abdelilah Benkirane, qui considérait ce secteur comme une activité à la limite du licite. Une position qu’il assumait publiquement et dont les conséquences ont été désastreuses du point de vue économique.

Idem pour l’emploi qui n’a jamais préoccupé l’ancienne formation gouvernementale outre mesure. Quelle meilleure preuve que le grand retard pris par l’ex-ministre de l’emploi Abdeslam Seddiki dans l’élaboration d’une stratégie nationale, jugée par ailleurs sans réel apport, et qui n’a été dévoilée que quelques mois seulement avant l’expiration du mandat. Aujourd’hui, il est inscrit dans le plan d’action gouvernemental avec une prise de conscience des enjeux et des dangers si rien n’est fait.

Le chef du précédent gouvernement a également combattu toutes griffes dehors la réforme de l’éducation, balayant d’un revers de la main les propositions de Rachid Belmokhtar, alors ministre de l’éducation nationale, pour de petites considérations d’ego. Aujourd’hui donc, les priorités sont fixées. Reste à trouver les solutions viables et à les mettre à exécution. Entre-temps, l’attentisme s’est installé. Le mot revient souvent dans les conversations des hommes d’affaires. Le gouvernement est certes en place depuis un an, mais faire un travail de fond prend nécessairement du temps. Seuls les résultats nous renseigneront sur l’efficacité ou non de l’approche
El Othmani. Mais la bonne volonté y est déjà. Et cela, personne ne peut le contester.