24 novembre 2006
Fadel Agoumi (531 articles)
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La couleur des idées…

Nous irons voter pour
des partis muets sur les grandes questions qui intéressent notre quotidien. Qui ces partis représenteront-ils réellement ?

En ces temps d’agitation préélectorale, il est tentant de faire un parallèle entre ce qui se passe chez nous et ce que l’on voit dans les pays voisins. Au niveau du jeu électoral, les manigances d’hémicycle, les tentatives d’abus des partis de la majorité, les tribulations de l’opposition, et même les petites piques entre partis du même bord – sait-on jamais, l’amitié ne pourrait durer que le temps d’une valse législative – sont monnaie courante ici et ailleurs et la sacro-sainte démocratie tolère bien des écarts en matière d’éthique. Mais le parallèle s’arrête là .

Ailleurs, le débat ne porte pas que sur les manÅ“uvres de l’autre mais également sur les grands sujets de l’heure. En France, par exemple, on parle de chômage, d’immigration, d’insécurité, de banlieues, de pouvoir d’achat… bref, tout ce qui intéresse l’hétéroclite opinion publique. Ces grands thèmes tiennent souvent lieu de programme électoral, tant il est vrai que sur le plan économique, et contrairement à  ce que l’on imagine, les contraintes d’une machine étatique, d’un système établi, ne permettent pas de révolutionner le monde.

Chez nous c’est le vide… sidéral. On dit que les partis n’ont pas de programmes, soit, mais ils ont bien des idées. O๠sont-elles ? Qui, parmi eux, donne aux Marocains son point de vue sur les sujets qui intéressent leur quotidien ? Quel parti donne son avis sur les moyens de faire baisser la petite criminalité qui envahit nos rues, sur la meilleure manière de vendre le projet d’autonomie du Sahara aux grandes puissances, sur la pertinence ou pas de la politique poursuivie en matière de logement social, sur la problématique du cannabis, sur les rapports de la police avec les citoyens, sur la politique énergétique… sur les milliers de questions que gère le gouvernement et oà¹, naturellement, des erreurs peuvent être commises.

C’est sur la base de ces idées, et non d’un programme technique, que le citoyen qui ira voter – pour une liste et pas pour un nom – en septembre prochain, pourra disposer de critères de sélection. Faute de quoi, il votera comme son père, son voisin, son quartier, contre un petit billet ou pour les beaux yeux d’un courageux candidat qui fait du porte-à -porte. Et l’on viendra parler de partis représentant le choix du peuple. Quel choix ? Par défaut, par mimétisme, par cupidité ?