Amateurs à  vie
20 juillet 2011
Lavieeco (25267 articles)
Partager

Amateurs à  vie

Longtemps, le milieu footballistique ne bruissait que de ce professionnalisme présenté comme une panacée censée donner des couleurs à notre football incolore. Mais à peine en a-t-on posé les fondations

Longtemps, le milieu footballistique ne bruissait que de ce professionnalisme présenté comme une panacée censée donner des couleurs à notre football incolore. Mais à peine en a-t-on posé les fondations qu’on s’aperçut qu’il y aurait loin de la coupe aux lèvres. Preuve en est la gabegie qui règne dans le football, à deux mois de la première saison professionnelle : des joueurs évaporés dans la nature, des séances d’entraînement boycottées ; des dirigeants qui ne tiennent pas les promesses faites aux techniciens ; un entraîneur outré, Mhamed Fakhir, qui lâche son équipe, le Raja, à dix jours d’un rendez-vous africain de première importance ; des clubs mal lotis (Tétouan, Laâyoune, El Jadida) se dépouillant de leurs meilleures parures au profit des nantis (Far, WaC), au risque de compromettre leur maintien parmi la division d’élite… Autant de comportements, d’attitudes, d’actes incompatibles avec le professionnalisme. Celui-ci ne se réduit pas, comme semblent le croire les autorités du football, à l’aisance matérielle, car il est avant tout un esprit qui se décline en sens de la responsabilité, de la discipline, de la performance, et en adhésion totale aux valeurs de l’activité et de l’entreprise. Cet esprit-là s’inculque, se forge, dans un milieu favorable. A l’évidence le nôtre ne l’est pas, le professionnalisme n’est pas notre fort. C’est pourquoi, et sans vouloir jouer les Cassandre, notre football est condamné à l’amateurisme, au pire sens du terme, sous des dehors professionnels.