Un centre psychiatrique pour la mère et l’enfant au CHU Ibn Rochd de Casa
21 décembre 2007
Lavieeco (25272 articles)
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Un centre psychiatrique pour la mère et l’enfant au CHU Ibn Rochd de Casa

Ouverture d’un centre psychiatrique de 20 lits dédié à la femme et à l’enfant. Coût : 3,5 millions de DH financés par un bénévole
On peut, par ignorance, passer à côté de troubles mentaux de l’enfant, récupérables quand ils sont pris à temps.

Le centre psychiatrique du CHU Ibn Rochd, à Casablanca a, depuis le 10 décembre, un service de psychiatrie dédié à la femme et à l’enfant. Il faut savoir, indique le Pr Driss Moussaoui, chef de service, qu’une femme sur cinq qui accouche fait une dépression post-partum, et 10% des enfants sont susceptibles de développer un trouble mental. Pour ce psychiatre émérite, il est parfois dans l’intérêt d’une femme qui présente une dépression post-partum, de l’hospitaliser avec son bébé. Et pour cela, il faut des structures adaptées. Dans ce nouveau service de 20 lits, qui s’étale sur 800 m2 et qui a coûté 3,5 millions de DH financés grâce à un bénévole, on dispose d’une consultation de psychiatrie pour les enfants, indique le Pr. Moussaoui.
«Les enfants ne sont pas, hélas, à l’abri de troubles mentaux, comme beaucoup semblent le croire», rappelle le Pr Moussaoui. Les parents et les professionnels de la santé peuvent en effet passer par ignorance à côté d’un trouble mental récupérable s’il est diagnostiqué et traité précocement, qu’il s’agisse de troubles de l’attention ou d’hyperactivité, de dépression, de troubles anxieux, de troubles obsessionnels convulsifs (TOC), d’autisme, ou carrément d’arriération mentale. Par son discours, un enfant déprimé peut exprimer le mal qui l’habite. Mais ce n’est pas toujours possible. Il faut être attentif à la répétition de phrases du genre : «j’m’en fous, j’y arrive pas, c’est trop dur ou personne ne m’aime.» La dépression chez l’enfant peut être caractérisée par de l’inertie, des troubles de l’alimentation et du sommeil, mais c’est surtout la chute brutale des résultats scolaires qui doivent alerter l’entourage.
Concernant les femmes, certaines, peu de temps après l’accouchement, se sentent tristes, irritables et très fatiguées. Est-ce seulement l’adaptation normale à un bébé naissant ou le début d’une dépression post-partum ? Il faut savoir que les désordres affectifs qui suivent un accouchement sont de trois ordres distincts : le cafard post-partum (CCP ou «baby blues»), la dépression post-partum et la psychose post-partum, indique le Pr. Moussaoui.

Une femme sur cinq développe une dépression après l’accouchement
Les chercheurs estiment que 50 à 80% des nouvelles mamans ressentent les symptômes du CPP. Les symptômes font leur apparition entre le deuxième et le dixième jour après l’accouchement et s’intensifient au troisième jour post-partum. Cet état de dépression passagère ne dure, en moyenne, que deux à trois jours et disparaît de façon spontanée. Il peut être lié aux difficultés d’adaptation psychologique et sociale au rôle de mère, aux changements hormonaux, à la fatigue et à la solitude. Les symptômes principaux sont les troubles du sommeil (insomnie), troubles de l’appétit (anorexie), crises de larmes, changement d’humeur, irritabilité, hypersensibilité émotionnelle, altérations cognitives (pertes de mémoire, difficultés à se concentrer), sentiment d’incompétence et de culpabilité et fatigue. Une prise en charge psychologique et psychiatrique spécialisée, ainsi que le soutien de l’entourage, sont les meilleurs garants pour surmonter cet état transitoire qu’est la dépression post-partum, assure le Pr. Moussaoui.