8 juin 2007
Lavieeco (25445 articles)
Partager

Le mutualiste atteint de cataracte ne peut plus se soigner dans le secteur libéral

Le tarif proposé par l’Anam jugé insuffisant par les professionnels.

Selon le Dr. Taoufik Baddou, membre du syndicat des ophtalmologistes libéraux du Maroc, la nouvelle tarification de l’Amo ne permet pas d’offrir des soins de qualité aux malades marocains présentant une cataracte, ou ceux nécessitant des séances de laser, notamment les diabétiques.

Depuis la mise en application de la nouvelle tarification de l’ Amo, en septembre 2006, les ophtalmologistes ne peuvent plus opérer les malades mutualistes porteurs de cataracte. Cet acte, qui était pris en charge par la Cnops pour un forfait de 8 700 DH depuis plus de vingt ans, est actuellement pris en charge sur la base d’un forfait de 4 500 DH, comprenant les frais de clinique, la pharmacie, les honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste. Tout en sachant que le coût de cette intervention, selon la nomenclature de l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam), est de 10 400 DH.

Pour les ophtalmologistes marocains, ce tarif forfaitaire ne permet pas de faire une chirurgie de qualité, selon les normes de sécurité internationales. La situation est d’autant plus paradoxale que tous les responsables reconnaissent que ce forfait doit être revu à la hausse, rappelle le Dr Baddou. Plusieurs propositions ont été faites, mais aucune décision n’a été prise jusqu’à ce jour. Beaucoup de malades attendent une solution, alors que leur vision se dégrade et que leur pathologie se complique.

La cataracte, dont le coût est de 10 400 DH, est prise en charge par l’Anam au tarif de 4 500 DH !
Par ailleurs, depuis la mise en application de l’Amo, la Cnops ne donne plus de prises en charge pour un malade diabétique qui a besoin d’une angiographie rétinienne ou de séances de laser. Pour tous les actes effectués en ambulatoire, tels que les traitements au laser, les angiographies rétiniennes et les actes dits de petite chirurgie, le patient doit payer à l’avance et intégralement le montant de ces traitements, ce qui lui pose un problème financier, d’autant plus que, dans certains cas, son état nécessite plusieurs séances successives de laser, parfois plus de 6 séances dans la rétinopathie diabétique. De ce fait, certains patients sont obligés, faute de moyens, d’interrompre leur traitement après une ou deux séances, ce qui a de graves conséquences sur leur fonction visuelle, la prise en charge des complications étant souvent beaucoup plus coûteuse que le traitement initial.

Lors d’une séance de commission parlementaire, signale le Dr Baddou, des responsables de l’Amo se sont engagés à ce que des prises en charge soient à nouveau accordées aux patients, dès le mois de mai 2007. Mais il n’en est rien. Entretemps, des Marocains atteints de cataracte sont aveugles, et d’autres voient leur état s’aggraver. La situation est critique et nécessite des solutions en urgence.