PJD-PPS : la fin d’une alliance contre nature ?
31 août 2018
Tahar Abou El Farah (992 articles)
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PJD-PPS : la fin d’une alliance contre nature ?

Le comité central se réunit le 22 septembre et décidera si le parti reste au gouvernement.

Est-ce la fin d’une alliance que tout le monde, sauf les intéressés, présente comme contre nature et qui dure depuis 2011, entre les anciens communistes du PPS et les islamistes du PJD ? Depuis la suppression du Secrétariat d’Etat chargé de l’eau, sur une initiative du chef du gouvernement, les deux partis sont en rupture. Le PPS n’a pas apprécié la manière avec laquelle Charafat Afailal, membre du bureau politique, a été éjectée du gouvernement. Selon le PPS, ni la direction du parti, ni l’intéressée, n’ont été informés de la décision avant de la rendre publique. Ce qui a été interprété comme un coup bas venant d’un «allié stratégique». Depuis, les deux formations sont en froid. Et même les récentes réunions entre leurs dirigeants, dont celle de lundi dernier, n’ont rien pu changer à la situation. Pis encore, le bureau politique du PPS, réuni en catastrophe mardi, a exprimé «son étonnement» face à la manière avec laquelle a été gérée cette question. Il a également exprimé «son incompréhension quant à la signification de cette proposition (….) qui a concerné uniquement le secteur de l’eau, sans prendre en considération les constantes politiques et déontologiques nécessaires en matière de gestion des alliances et des relations au sein de toute majorité gouvernementale mûre». En réaction, les amis de Nabil Benabdellah ont donc décidé de rester en veille dans la perspective d’une réunion extraordinaire du comité central, prévue le 22 septembre. Et ce, «en vue d’approfondir l’analyse de la situation et d’adopter la position qui s’impose». L’organe décisionnel du parti suivra-t-il les voix qui sont de plus en plus nombreuses à appeler à quitter le gouvernement ? Ou alors le parti, le seul de la coalition à rester au gouvernement pendant 20 ans d’affilée (depuis 1998), décidera-t-il de faire le dos rond en attendant des jours meilleurs ?

Tahar Abou El Farah

Tahar Abou El Farah