Dure, la rentrée sociale
7 septembre 2012
Tahar Abou El Farah (966 articles)
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Dure, la rentrée sociale

Les diplômés chômeurs, les médecins, les fonctionnaires…, en rogne. En attendant la reprise du dialogue social, la rentrée s’annonce déjà  chaude du côté des syndicats.

Lundi 3 septembre, le siège du PJD a subi un assaut des diplômés chômeurs. Ce n’est certes pas une première, mais cela donne un avant-goût de la rentrée sociale. Elle s’annonce, en effet, très mouvementée. Et les syndicats qui surfent encore sur la vague de la dernière hausse des prix du carburant ne semblent pas prêts de faciliter la tâche au gouvernement. Et pour cause, «le dialogue social est au point mort.

Le gouvernement n’a pas encore honoré l’ensemble de ses engagements de l’accord du 26 avril 2011. Bref, le gouvernement ne fait que gérer la crise», affirme Saïd Safsafi, dirigeant de l’Union syndicale des fonctionnaires, USF-UMT. Or, il faut en convenir, le plus important de ces engagements, la hausse des salaires, a été honoré.
Pour le moment, les centrales syndicales guettent les initiatives du gouvernement. Et ce ne sont pas les points de discorde qui manquent. Les lois organiques relatives à la grève aux syndicats ne risquent pas de laisser indifférents les syndicats. Mais en attendant, les deux protagonistes devraient d’abord trouver un terrain d’entente sur l’indemnité perçue par les fonctionnaires affectés dans les zones éloignées et difficiles d’accès.

Et pour le moment, rien n’indique que le dialogue social devrait être repris en septembre. Bien plus, affirme ce syndicaliste, «le gouvernement ne manifeste aucune volonté de rehausser ce dialogue social (NDLR : institué sous le gouvernement El Fassi et qui prévoit deux rounds annuels, en avril et en septembre) au rang, souhaité par les syndicats, de véritables négociations entre partenaires sociaux». Et si les choses continuent ainsi, «ce dialogue sera voué à l’échec et nous serons contraints d’explorer d’autres voies de contestation», prévient ce syndicaliste.  

Entre-temps, les médecins, les fonctionnaires des collectivités locales, le personnel de l’enseignement, pour ne citer que ces catégories, annoncent déjà une série d’actions de contestation. Les diplômés chômeurs, eux, ne semblent pas, malgré l’intransigeance du gouvernement sur cette question, près de renoncer à ce qu’ils considèrent comme leur droit d’accès, sans condition, à la fonction publique.
Plus globalement, les effets de la crise économique, le renchérissement du coût des matières premières et la réforme de la Caisse de compensation risquent de causer bien des soucis d’ordre social au gouvernement.