Dialogue social : un nouveau round pour ce mois de mars ?
6 mars 2018
Tahar Abou El Farah (976 articles)
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Dialogue social : un nouveau round pour ce mois de mars ?

Le gouvernement est pour la relance du dialogue social, mais aucune date n’a été fixée. L’UMT et la CDT annoncent, individuellement, des actions de contestation. L’UNTM, l’UGTM et la FDT, elles, préfèrent agir dans le cadre d’un front commun.

Nous sommes à deux mois du 1er Mai, et le gouvernement El Othmani tente de marquer le coup, avant, en signant un nouveau contrat avec ses partenaires sociaux. Dans cet objectif, annonce Mohamed Yatim, ancien dirigeant syndical et actuel ministre de l’emploi et de l’insertion professionnelle, dans une récente sortie médiatique, les négociations avec les syndicats vont reprendre dès ce mois de mars dans le cadre du dialogue social. Aucune date n’a encore été fixée, mais le ministre parle d’un probable premier rendez-vous «très prochainement». Du côté des syndicats, les avis sont partagés. D’un côté, l’UMT et la CDT préfèrent un programme de contestations, une série de manifestations annoncées dans la fonction publique et les collectivités territoriales par l’UMT, et un sit-in organisé récemment devant le Parlement par la CDT. De l’autre côté, trois syndicats, l’UNTM, la FDT, tous les deux affidés aux partis de la majorité, le PJD et l’USFP en l’occurrence, et l’UGTM, organe parallèle de l’Istiqlal, préfèrent d’abord attirer l’attention du gouvernement sur la «nécessité de reprendre le dialogue social». Après avoir adressé, individuellement, des mémorandums en ce sens au chef du gouvernement, les trois centrales décident d’agir, dorénavant, en front commun. Les trois syndicats ont déjà signé l’accord pour la création de cette coordination syndicale tripartite. Ce rapprochement a été fait justement sur la base des trois mémorandums adressés par les trois centrales au chef du gouvernement qui se recoupent d’ailleurs sur plusieurs points. En outre, selon ses initiateurs, ce front tripartite pourrait être renforcé par les autres centrales, l’UMT et la CDT. Des contacts auraient même été entrepris dans ce sens, mais, pour le moment, l’UMT et la CDT, chacun de son côté, semblent vouloir faire cavalier seul. Cela étant, les trois premiers syndicats attendent toujours la réponse du gouvernement avant d’agir. En parallèle, ils devraient tenir une réunion jeudi 1er  mars pour justement se mettre d’accord sur les actions à entreprendre si le gouvernement ne se prononce toujours pas sur la date de la reprise des négociations. Outre le traditionnel cahier revendicatif qui n’a pas changé depuis le début du mandat de l’ancien gouvernement, avant le gel du dialogue social, les centrales syndicales abordent de manière très critique le projet de loi relatif à l’exercice du droit de la grève. Le texte est d’autant plus contesté que certaines centrales, comme la CDT, ont carrément appelé à son retrait du Parlement afin de le remettre sur la table des négociations, dans le cadre du dialogue social.