Gestion de la connaissance inter-entreprises : de la transaction à la collaboration
28 avril 2016
Lavieeco (25261 articles)
Partager

Gestion de la connaissance inter-entreprises : de la transaction à la collaboration

Dans certains domaines comme les chaînes logistiques multi-acteurs, diffuser les meilleures pratiques constitue un cadre pertinent pour l’existence d’une démarche de la gestion des connaissances. Mémoire organisationnelle, partage d’informations et travail collaboratif sont étroitement associés à cette démarche.

Face à un environnement turbulent, les entreprises appartenant à des industries innovantes ont tout intérêt à coopérer entre elles, et à échanger des connaissances afin de mieux répondre aux évolutions environnementales. Les partenariats inter-firmes donnent lieu à une amélioration de la qualité des produits, l’élaboration de réponses communes et adaptées à de nouveaux marchés… Pour réaliser ces collaborations, une solution peut être la mise en place d’une démarche de gestion des connaissances (GC) qui offre l’opportunité à une entreprise de transcender les frontières organisationnelles pour intégrer ses partenaires d’affaires. Les chaines logistiques multi-acteurs constituent un cadre pertinent pour étudier l’existence de démarches de GC dans un contexte inter-organisationnel. En tentant de mieux comprendre les pratiques collaboratives à l’œuvre, la présente investigation contribue à enrichir la perspective inter-organisationnelle de la gestion de la connaissance qui reste encore peu explorée.

Dans notre contexte marocain, il s’agit de comprendre comment les relations entre entreprises partenaires sont passées d’une vision purement transactionnelle à de véritables pratiques collaboratives par une mesure qui consiste en la présentation des dimensions critiques permettant de qualifier les échanges collaboratifs entre membres d’une chaîne industrielle.

La théorie de la firme basée sur les ressources et celle basée sur les connaissances mettent en avant le rôle prédominant joué par les connaissances dans l’entreprise. La prise de conscience de l’importance stratégique des connaissances et de leur gestion s’est traduite par des démarches concrètes recouvrant des réalités très diverses. Capitaliser et formaliser les savoirs, créer de nouvelles connaissances ou échanger et diffuser les meilleures pratiques sont quelques-unes des finalités assignées à des projets de GC. On peut définir ainsi la gestion des connaissances comme étant la génération, la représentation, le stockage, le transfert, la transformation, l’application, l’enracinement et la protection de connaissances organisationnelles. Mémoire organisationnelle, partage d’informations et travail collaboratif sont étroitement associés à la notion de GC.

Les technologies de l’information contribuent au renforcement des connaissances

Le manque de travaux de recherche traitant de la GC dans un cadre de relations inter-organisationnelles peut s’expliquer, d’une part, par la nécessité de stabiliser d’abord les connaissances sur le sujet au niveau intra-organisationnel et, d’autre part, par la difficulté intrinsèque à échanger des connaissances entre organisations distinctes si l’on considère la perspective politique et les jeux d’acteurs. Enfin, les technologies de l’information supportant l’intégration inter-organisationnelle ne permettent que depuis peu un échange riche de connaissances.

Désormais et dans un objectif d’alignement stratégique avec les besoins économiques du Maroc, les configurations inter-organisationnelles des entreprises marocaines tendent à reconnaître et à accepter la connaissance comme une ressource stratégique. Plusieurs raisons peuvent être avancées :

• le bon fonctionnement de l’entreprise ne dépend pas exclusivement de la qualité et de l’intensité des flux informationnels, matériels ou financiers entre les parties. Il peut être influencé par la qualité et le type de relation existants entre les acteurs de son système, fondés sur la connaissance, la compréhension et la confiance ;

• la gestion du système entreprise est un travail d’équipe reposant sur un juste équilibre des compétences de chacun, dans la position et l’activité qu’il occupe. Une absence ou un manque de compétences dans un domaine peut être critique pour l’ensemble de l’entreprise. D’où l’intérêt de la mise en œuvre de démarche de GC visant à pallier ces déficiences (meilleures pratiques, fiches d’aide-mémoire…).

Et pour se mettre au diapason de l’évolution des entreprises marocaines, d’une part, et de notre économie, d’autre part, la technologie appliquée doit supporter ce développement par un alignement et une intégration de toutes les fonctions de l’organisation pour le même objectif, en supportant par la même occasion les échanges d’information, voire de connaissances entre les acteurs. Chaque entreprise va devoir faire des choix technologiques impliquant une prise en compte du système d’information (SI) existant, des choix faits par le passé. Les outils support des échanges inter-organisationnels sont qualifiés de système d’information inter-organisationnelle (SIIO). Trois grands niveaux de SIIO peuvent être distingués, à savoir ceux qui supportent la communication, ceux qui supportent la coordination et ceux qui supportent la collaboration.

La présence d’un climat de confiance et de valeurs culturelles favorisant la coopération semble être un pré-requis nécessaire à la réutilisation des connaissances et, plus généralement, à l’instauration de véritables pratiques collaboratives.