Obligé de travailler le 1er Mai
9 mai 2018
Jamal Maatouk (390 articles)
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Obligé de travailler le 1er Mai

Pendant le jour férié du 1er Mai, mon employeur m’avait demandé de travailler. Ma question est de savoir si je suis obligé d’accepter, à l’instar des autres jours fériés de l’année, lorsque mon responsable hiérarchique sollicite ma présence sur le lieu de travail? Un accident survenu pendant l’exécution du travail est-il considéré comme un accident de travail? Enfin, si je suis licencié pour avoir refusé de travailler ce jour-là, c’est-à-dire le 1er mai, mon licenciement serait-il considéré comme abusif? Comment me protéger dans ce cas ?

Depuis 1947, le 1er Mai est un jour férié et payé. Ce jour célèbre le travail, le droit d’expression du monde ouvrier et des syndicats et la lutte pour une journée de travail de 8 heures pour l’ensemble des travailleurs. Son origine remonte à l’an 1886, aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, cette journée est spéciale sur le plan mondial, et le Maroc est parmi ces pays qui considèrent cette journée comme une fête des travailleurs, une journée non travaillée et payée. Cette journée est dite non travaillée, mais rien n’interdit que vous la travailliez si telle est votre volonté, votre souhait pour répondre à un besoin ponctuel et exceptionnel.

Cependant, un employeur n’a pas le droit de vous contraindre à travailler, même pendant d’autres jours fériés – il y a cependant des domaines particuliers où la présence des employés est indispensable, quel que soit le jour-,  a fortiori durant cette journée du 1er Mai fêtée par tous les travailleurs et syndicats du monde, qui en font une occasion pour dresser le bilan de leurs réalisations en matière des droits des travailleurs et leurs revendications, ainsi que les perspectives.

Premièrement, personne ne peut vous obliger à travailler en dehors des heures travaillées selon la loi en vigueur, soit huit heures par jour, et 44 heures par semaine, et 2288 heures par année.

Si toutefois vous avez accepté de travailler cette journée, encore une fois sans aucune contrainte ou menace de la part de votre employeur, à défaut vous êtes même en droit de déposer plainte contre lui, vous êtes bien entendu protégé, et l’accident survenu est considéré comme un accident de travail, à condition que cet accident survienne sur le lieu de travail ou sur le trajet, soit de votre lieu de travail vers votre domicile, soit de votre domicile vers votre lieu de travail.

Il est par ailleurs important d’avoir un document qui vous autorise à travailler pendant ce jour férié, à défaut, votre employeur peut facilement nier qu’il vous a sollicité ce jour-là.

En ce qui concerne le licenciement pour cause d’avoir refusé de travailler ce jour férié ou tout autre jour férié de l’année, il serait réputé abusif et impliquerait le versement des indemnités pour licenciement abusif, à condition d’en apporter la preuve, c’est-à-dire le lien de cause à effet entre le licenciement et le refus de travailler le jour férié.Pour répondre correctement sur le plan juridique à une demande de votre employeur de travailler un jour férié, soit il faut le faire avec beaucoup de doigté et de courtoisie, sans afficher la moindre susceptibilité ou résistance, soit il faut lui formuler une réponse en bonne et due forme contre un accusé de réception, tout en associant à votre démarche les délégués de personnel ou le syndicat.