La Vie éco Carrières
Réussir l'intégration d'une recrue ? Pensez au tutorat
Il facilite l'intégration des recrues et constitue un moyen de transmission du savoir-faire de
l'entreprise, même aux anciens.
Pour le motiver, il est préférable que la mission du tuteur soit
valorisée à travers une prime sur objectifs.

Tutorat, mentoring, coaching..., les formes d'accompagnement et d'intégration des stagiaires, apprentis ou jeunes recrues ont toujours existé. Or, beaucoup d'entreprises ignorent encore l'importance de l'accompagnement d'un nouveau venu. Parfois, en particulier dans les petites structures, les nouveaux
sont carrément lâchés dans la nature. Et parmi toutes les
formes d'accompagnement qui existent aujourd'hui, le tutorat semble
le moins connu et le moins appliqué dans les entreprises.
Le tutorat est décrit comme une relation entre deux personnes, dans le
cadre d'une situation d'apprentissage : un professionnel et une personne
qui apprend un métier dans son environnement. Pour Elisabeth Lecœur,
directrice de Mundetis compétences, cabinet spécialisé en
management, les missions attribuées au tuteur (l'encadreur) sont
nombreuses. Il s'agit d'accompagner son tutoré dans la mise
en œuvre de son projet professionnel, aider, informer et accompagner les
salariés de l'entreprise qui participent à des actions de
formation dans le cadre des contrats ou périodes de professionnalisation,
contribuer à l'acquisition de connaissances, de compétences
et d'aptitudes professionnelles...
C'est pourquoi, dans le cadre de la formation alternée, la fonction
de tutorat trouve toute son importance. D'ailleurs, certaines branches
ou secteurs d'activité (notamment l'industrie, la pêche,
le tourisme...) ont opté pour ce mode d'accompagnement en vue de
recruter ultérieurement leurs stagiaires.
La formation des tuteurs est essentielle pour acquérir certains outils
et techniques pédagogiques
Dans la pratique, une démarche de tutorat présente plusieurs avantages
aussi bien pour l'entreprise, pour le tuteur que pour le tutoré. «C'est
un vecteur du management des connaissances au sein de l'entreprise mais
aussi un outil de motivation pour les collaborateurs», explique Mohammed
Benouarrek, DRH pour le Maghreb du groupe pharmaceutique Novartis Maroc. Durant
sa mission de tuteur, le salarié va développer de nombreuses compétences,
notamment sa capacité à prendre du recul par rapport à ses
tâches quotidiennes, à les analyser et à réfléchir
sur ses méthodes et ses pratiques, sa capacité à identifier
l'essentiel de ce qu'il pense être utilisable par d'autres
et du message qu'il entend faire passer, ses capacités de synthèse,de
reformulation et d'écoute. En véritable coach, il va se frotter
au rôle d'un manager.
Bien que cette démarche d'encadrement s'adresse souvent à des
jeunes, fraîchement recrutés ou en apprentissage, il n'est
pas rare de voir aussi des seniors se faire encadrer. En effet, pour Mohammed
Benouarrek, «le tutorat des seniors permet de faire passer plus clairement
des messages que le recours à une formation classique. Ils acceptent mieux
cette démarche qu'un autre outil de développement des compétences».
C'est une sorte de coaching mais de manière plus «light»,
détaille-t-il en substance.
Toutefois, n'est pas tuteur qui veut. Même si, généralement,
la désignation se fait sur la base du volontariat au sein de l'entreprise,
il n'empêche que le tuteur doit détenir une véritable
connaissance de l'entreprise, de ses produits, de son histoire... Dans
tous les cas, il est au cœur des démarches compétences. Il
est le premier à utiliser les outils développés par la gestion
des compétences. Son action est d'autant plus pertinente qu'il
peut s'appuyer sur des référentiels de compétences
et des référentiels de formation. Autrement dit, la formation des
tuteurs est essentielle pour leur permettre d'acquérir certains
outils et techniques pédagogiques.
Le tutoré doit aussi montrer son enthousiasme et sa volonté de
s'intégrer
Pour l'entreprise, la constitution d'un groupe de tuteurs est un
moyen d'intégrer, de conserver, et de réutiliser son savoir
et de le mettre à la disposition de tous. Dans ce sens, c'est un
véritable atout pour relever le défi de la compétitivité et
de l'efficacité. «En tout cas, il réduit les risques
d'abandon ou de mauvais départs», explique Khadija Boughaba,
directrice du cabinet Invest RH.
Comme dans toute période d'intégration, la relation avec
le tuteur est déterminante. Lorsque le stagiaire est enthousiaste et dynamique,
l'encadrant peut lui faire suivre de près le processus de fabrication
d'un produit, par exemple, ou l'impliquer plus sérieusement
dans un des projets de l'entreprise.
Mais c'est dans la capacité du tuteur à transmettre le savoir
que réside le succès de l'opération d'intégration.
La motivation est aussi déterminante. Sur ce volet, on note que, souvent,
le tuteur exerce cette mission en plus de son travail habituel. Rarement il est
payé pour ces «heures sup». Pour cela, il est préférable
que sa mission soit valorisée à travers une prime sur objectifs.
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Ce qu'on doit savoir faire quand on est tuteur
Donner des directives, assurer
le suivi, faire circuler l'information... La mission d'un
tuteur n'est pas simple. Il doit agir en meneur d'hommes
et gestionnaire d'équipes. C'est l'occasion
pour lui de se mettre dans la peau d'un manager. Voici quelques-unes
de
ses missions :
Diriger
- Savoir estimer ses forces et ses faiblesses (est-il coléreux,
stressé...), s'accepter lui-même pour pouvoir accepter
les autres ;
- Faire confiance au salarié tutoré pour maintenir un
climat de confiance dans les situations difficiles ;
- Donner des directives claires et argumentées ;
- Passer du temps avec la personne;
- Assurer le suivi du travail et son appréciation ;
- Faire des mises au point et résoudre les situations de tension.
Motiver
- Avoir une vision du futur et transmettre des objectifs, un plan,
un calendrier ;
- S'impliquer fortement dans sa fonction, entraîner, montrer
l'exemple ;
- Bien connaître son équipe et personnaliser son style
de management ;
- Faire circuler l'information, créer et entretenir un
bon climat de travail;
- Accueillir et intégrer les nouveaux venus dans l'entreprise.
Communiquer
- Transmettre ses messages dans un langage clair, persuasif et adapté à chacun
;
- Etre à l'écoute de leur besoins ;
- Etablir une relation satisfaisante pendant les entretiens et mener
les échanges de manière constructive.
En d'autres termes, le tuteur doit :
- Développer l'estime de lui-même et de son travail
;
- Consolider sa capacité à transmettre ;
- Prendre du recul par rapport à son travail et formalise ses
pratiques ;
- Renforcer sa motivation pour l'approfondissement de ses connaissances
Source : cabinet Mundetis Compétences. |
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Quatre étapes pour
mener à bien un tutorat
Sélectionner les tuteurs
La désignation des tuteurs se fait sur la base du volontariat.
Choisis par la hiérarchie et la direction ou les services RH,
le futur tuteur doit posséder une bonne connaissance de l'entreprise,
de ses produits et de ses procédures. Il est reconnu par ses
pairs pour son expérience dans le domaine et n'a pas de fonction
de management.
Il a des qualités de formateur : sens pédagogique, goût
de transmettre son savoir.
Il adhère aux objectifs et valeurs de l'entreprise. Il fait
preuve d'une réelle capacité d'écoute et de dialogue.
Quatre critères aident à sa sélection :
connaissances ; aptitudes (faire face aux situations rencontrées
dans l'exercice de la fonction) ; relations (établir et gérer
des contacts) ;
autonomie (choix des actions et moyens à mettre en œuvre).
Former les tuteurs
Avant de démarrer sa première mission,
il est essentiel que le tuteur acquière quelques outils et techniques.
Il doit savoir, entre autres :
- Etablir les compétences-clés à développer
;
- Identifier les situations professionnalisantes ;
- Evaluer le niveau de compétence et de motivation de la personne à tutorer
;
- Adapter son style de management au niveau de compétence et
de maturité de la personne à tutorer;
- Conduire des entretiens de suivi ;
- Dire ou faire dire ;
- Expliquer.
Outiller les tuteurs
Le référentiel de compétences est l'outil-clé qui
permet de professionnaliser la
mission du tuteur et d'envisager son "industrialisation" dans
le cas de plusieurs tuteurs sur un même métier.
Rémunérer les tuteurs
Deux situations sont à prendre en compte :
- Le tuteur occupe cette mission à plein temps pour quelques
années
(de 1 à 3 ans en général) : il est rétribué pour
cela.
Le tuteur exerce cette mission en plus de son travail habituel : il
est très rarement rétribué pour cela. En revanche,
cette fonction peut être valorisée au travers des primes
sur objectifs
Source : cabinet Mundetis Compétences |
Brahim habriche
www.lavieeco.com
2007-01-05
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