Emploi

Promouvoir le bien-être au travail, une démarche rentable pour l’entreprise

La rémunération est un élément nécessaire mais pas suffisant pour favoriser le bien-être au travail. L’écoute, la reconnaissance et la responsabilisation favorisent le sentiment d’appartenance.

bien-être au travail

Le phénomène a fait la une de la presse française, il y a quelque mois : une série de suicides parmi le personnel d’un opérateur télécoms. S’ils en sont arrivés à cette solution extrême, c’est bien qu’ils vivaient une situation difficile ignorée ou méprisée par leur hiérarchie. Heureusement que ce genre de décisions radicales n’est pas pris à chaque fois qu’un salarié se sent à bout, sinon ce serait l’hécatombe. En raison d’objectifs difficiles à atteindre, de la pression de la hiérarchie, de la peur de perdre son emploi ou de conflits avec des collègues et autres, nombreux sont en effet les salariés qui souffrent, parfois en silence. Pour ceux-ci, aller au bureau ou à l’usine le matin devient alors un supplice. Dans un livre culte dans le domaine des ressources humaines, publié il y a quelques années, Le harcèlement moral, Marie France Hirogoyen avait tiré la sonnette d’alarme sur le mal-être dans l’entreprise. Le sujet devient d’actualité en raison de la crise que vit le monde. Pourtant, il est possible de faire en sorte que les collaborateurs se sentent mieux, même s’il est difficile, voire impossible de faire disparaître toutes leurs angoisses.

Pour Mouhssine Benzakour, psychosociologue, il y va de la survie des entreprises. «La mondialisation et donc la compétition internationale requièrent plus d’intelligence collective, c’est-à-dire plus d’autonomie, plus de responsabilité, plus de créativité, plus de réactivité et plus de coopération. Le stress qui débouche de plus en plus sur de la souffrance inhibe et réprime progressivement mais sûrement les capacités de la performance individuelle et collective», explique-t-il.
D’ailleurs, l’histoire nous le démontre. Des entreprises qui n’avaient pas suffisamment anticipé les changements par manque de vision et qui n’avaient pas du tout, ou insuffisamment, investi dans le développement de leurs ressources humaines, n’ont pas eu les capacités de réaction pour faire face aux changements pourtant annoncés : elles n’ont pas survécu ou sont sur le point de disparaître avec toutes les conséquences humaines graves que l’on connaît. Bref, on ne se prépare pas à la compétition internationale avec une armée d’exécutants stressés, soumis et dépourvus de capacités à prendre des initiatives.

Pour les individus, les maladies psychosomatiques, le manque d’énergie, l’irritabilité avec les proches, les décisions inadaptées sont autant de manifestations de cette situation alarmante.  
Pour la collectivité, les retombées négatives sont énormes : le coût social lié à l’absentéisme et aux accidents du travail peuvent, enquêtes officielles à l’appui, se chiffrer à plusieurs milliards de dollars par an !
Toujours est-il que si certaines entreprises arrivent à animer cette joie de vivre, ce n’est pas uniquement à coups de politique de rémunération attractive mais bien plus ! Par exemple, au Maroc, dans la récente enquête du Haut commissariat au plan sur le bien-être, les sondés ont placé en tête, dans le volet consacré à l’emploi, les bonnes conditions de travail avant l’équité dans l’accès à l’emploi et dans la rémunération. C’est dire que l’argent n’est pas la panacée.
Ce qui fait passer à l’étape supérieure, celle où les employés sont vraiment très heureux, c’est lorsque la communication tient une place particulière. «Ça se construit sur une échelle verticale. Quand les employés sont impliqués dans certains choix stratégiques, cela augmente leur estime en soi» , explique Mohamed Berhili, DG du groupe Hapimag.
Même si c’est parfois routinier comme travail, on doit sentir que l’on construit quelque chose, que l’on participe à l’amélioration du cadre de travail. Il faut aussi savoir partager cette vision avec l’ensemble des collaborateurs.  

Le style relationnel du manager est aussi déterminant

Outre le sentiment de trouver un sens à ce qu’ils font, les employés de ces entreprises «où il fait bon vivre» mettent en avant leur niveau d’autonomie ainsi que la considération dont ils font l’objet pour expliquer leur opinion favorable. Autrement dit, un engagement élevé des salariés se traduit par une dynamique porteuse de performance. Selon M. Berhili, il s’agit de viser quatre objectifs : restaurer le travail bien fait, responsabiliser les salariés à tous les niveaux de l’organisation, renforcer le sentiment d’appartenance et maintenir le dialogue social. Cela suppose de ne pas raisonner en termes de réussite financière à court terme mais de réussite globale à long terme.

Le bien-être en entreprise c’est aussi une question de reconnaissance. Chaque acteur de l’entreprise fournit un résultat, quelle que soit sa fonction. Par conséquent, chaque résultat doit être reconnu à sa juste valeur.
Cette responsabilité revient au manager de proximité qui ne doit pas se centrer uniquement sur les résultats mais sur les efforts déployés par son équipe. Surtout dans un contexte économique plus difficile où celle-ci doit s’investir plus. Cela sous-entend, pour le manager, d’évaluer la charge de travail que suppose chaque mission. Elle doit respecter le rythme de l’individu et ne doit pas s’effectuer au détriment de la vie personnelle du salarié
Le style relationnel a également sa place car ce qui renforce le bien-être au travail, c’est surtout sa bonne ambiance. Un manager qui développe des relations de qualité avec ses collaborateurs, mais aussi sa hiérarchie, ses clients, doit être en mesure de pouvoir gérer les conflits potentiels sans aucun problème. Autrement dit, il est utile d’anticiper sur les évènements pour ne pas les subir.  

C’est pourquoi beaucoup d’entreprises n’hésitent pas à recourir aux enquêtes de climat social pour conférer un sens à l’action de chacun et stimuler l’encadrement qui se trouve incité à pratiquer un management participatif. Il rehausse le niveau d’exigence tant individuelle que collective, révèle de nouveaux besoins et suscite une demande de nouveaux outils de progrès.
Les finalités de cette large consultation ne sont plus seulement d’essayer de connaître le corps social et de le comprendre mais bien plus de l’aider à se connaître, de renforcer directement son implication et le stimuler pour qu’il devienne une force de proposition.

Enfin, le bien-être c’est aussi ces petites choses qui contribuent à l’amélioration de la qualité de vie. «Parce que les problèmes professionnels ont une emprise sur notre vie privée. Certaines entreprises peuvent être amenées à aménager de meilleurs espaces de travail, des salles de sport en interne ou encore négocier des billets d’avion, des centres de villégiature, des conventions avec les grandes surfaces pour permettre à leurs employés de bénéficier de prix avantageux», précise M. Berhili. Ce sont des petits détails mais qui comptent.
 
A lire aussi :

Ghita Mseffer : «Le bien-être est une quête permanente de recherche d’équilibre»

Mohssine Benzakour : La santé physique et morale est un facteur de bien-être au travail, mais il n’est pas le seul

Mohamed Berhili : «La valorisation du travail est l’un des premiers leviers du bien-être dans l’entreprise»


 

Programmes d’aide aux employés La nouvelle arme pour instaurer le bien-être

La nouvelle arme pour instaurer le bien-être

Stress, fatigue mentale, burn out, harcèlement, addictions sont quelques-unes des difficultés auxquelles sont confrontés les salariés au travail. Dans un environnement aux exigences accrues, les professionnels des ressources humaines et les managers doivent faire face à un risque psychosocial croissant qui représente un coût considérable pour l’entreprise et la société. Ce livre facilite la prévention et l’action sur les processus créateurs de souffrance dans l’organisation.

Les Programmes d’aide aux employés (PAE) apportent une réponse efficace à ces enjeux. A travers une démarche innovante axée sur le mieux-être, «Développer le bien-être au travail» est un ouvrage qui présente un dispositif de conseil et d’accompagnement qui a pour objectif de conjuguer humanisme et performance dans une approche “gagnant-gagnant”, au service des salariés et de l’organisation n

«Développer le bien-être au travail : stress, épuisement ; harcèlement... Une réponse innovante : les programmes d’aide aux salariés» de  Pierre Angel, Patrick Amar, Marie-José Gava et Brigitte Vaudolon
Editeur : Dunod (Octobre 2005)

Brahim Habriche. La Vie éco
www.lavieeco.com

2012-10-24

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