La Vie éco Carrières
Le tiercé gagnant du bon manager : respect, écoute et équité
La plupart des entreprises n'ont pas de procédures permettant d'assurer l'équité.
Chaque valeur est à adapter au profil de chaque collaborateur.
Comment motiver mon équipe au quotidien tout en respectant les impératifs budgétaires de mon entreprise qui ne me permettent pas de remettre des bonus chaque
semaine ? Cette interrogation revient sans cesse lors des formations en management
de Dale Carnegie. Parfois même, ce sont les participants «managers» qui
nous posent la question : «Comment puis-je, MOI, me motiver avec un
chef désagréable qui ne reconnaît jamais le travail bien
fait et qui se comporte comme si on était encore au Moyen-Age ?»
Pour avoir une appréhension plus «fine» et objective de la
question de la motivation, une enquête B Marketing-La Vie éco- Dale
Carnegie a été menée. Les réponses recueillies par
l'enquête corroborent parfois certaines convictions courantes des
managers, mais elles apportent aussi leur lot de surprises.
Ainsi, si motiver son équipe à travers des contreparties financières
reste indispensable, il faut savoir que l'impact d'une augmentation
de salaire sur la motivation du bénéficiaire dure peu, au maximum
2 à 3 mois voire beaucoup moins. Peut-on dans ce cas sortir le carnet
de chèques chaque fois que l'équipe s'essouffle ? Evidemment
non. Et dans les faits, il revient au manager de motiver son équipe au
quotidien, systématiquement et non au coup par coup. C'est un véritable
plan de motivation qu'il devra concevoir, appliquer et suivre !
Pour ce faire, l'enquête nous donne des clés, qui concernent
notamment deux domaines essentiels du management : les procédures et les
méthodes managériales.
les procédures
Assurer l'équité dans l'équipe doit passer
par des procédures simples, claires et compréhensibles par tous.
Les bonus et augmentations de salaire doivent être attribués en
fonction de critères et dans des délais fixés à l'avance.
Il en va de même pour les petits actes de GRH que nous accomplissons
au quotidien : souplesse en matière d'absentéisme, octroi
de certaines dates de vacances, d'accès à des centres de
vacances, de crédits et dotations en matériel/fournitures de
bureau. Or qu'observons-nous en réalité concernant ces
procédures ? La plupart des entreprises n'en possèdent
pas et tout se fait au mieux sur la base d'un ressenti, au pire, par
favoritisme. Résultat ? Une baisse de productivité flagrante
car les meilleurs sont découragés et très vite contaminés
par les moins bons qui profitent du système ! Par ailleurs, le degré d'«attractivité» de
l'entreprise pour de jeunes recrues à fort potentiel chute irrémédiablement
!
C'est pourquoi, aujourd'hui, de plus en plus d'entreprises
commencent à se doter d'outils pertinents en la matière
et les accompagnent de formations pour aider les utilisateurs à optimiser
leur nouvelle démarche. Reste encore à s'assurer de bien
communiquer sur ces procédures et à les actualiser lorsqu'elles
perdent leur pertinence !
les méthodes managériales
Les personnes interrogées à l'occasion de l'enquête
ont, pour la plupart, insisté sur le comportement de leur manager comme
facteur de motivation ou de démotivation ! Mais comment s'assurer
que le comportement de l'encadrement réponde bien aux attentes
de la direction en matière de motivation de l'équipe ?
Avant tout en verbalisant ces attentes à travers la charte de valeurs
de l'entreprise ! Il est vrai que la plupart des entreprises aujourd'hui
ont de très belles chartes de valeurs, affichées dans les ascenseurs
et les couloirs, mais qu'en est-il en réalité ?
Vérifier que les valeurs de la charte sont comprises
par tous
Lors des différents ateliers que nous avons pu animer sur ce sujet,
nous nous sommes aperçus que ces valeurs pouvaient donner lieu à de
nombreux malentendus ! En effet, si nous prenons la valeur transparence, certains
collaborateurs à la maturité insuffisante l'interprètent
comme: «Nous devons être au courant de tout au sein de l'entreprise».
D'autres font la confusion entre équité (tout le monde
sera jugé sur les mêmes critères, mais il n'y aura
que trois médaillés à la fin de la course) et égalité (tout
le monde aura droit à une médaille à la fin de course)
! Aussi, une fois les valeurs identifiées, il s'agit de s'assurer
qu'elles sont «lues» et appliquées de la même
et bonne façon !
L'ambiance de travail est liée au comportement
du manager
Pour en revenir à l'enquête, quelles sont les valeurs le
plus souvent citées ?
«Respect», «équité», «écoute», «valorisation», «reconnaissance».
En trame de fond, et spécialement pour les cadres supérieurs, les «perspectives
de carrière» et, pour toutes les catégories, «l'ambiance
de travail». Or, les moyens à mettre en œuvre pour améliorer
cette dernière ont un lien direct avec le comportement du manager. Par
exemple : le respect. Encore faut-il s'entendre sur la valeur respect :
dire «bonjour» le matin, «s'il vous plaît»,
mais cantonner ses équipes dans des tâches subalternes, ne pas écouter
leurs suggestions, ne pas prendre le temps de les écouter, est-ce réellement
les respecter ?
Les collaborateurs sont les «clients» les
plus importants
De plus, chaque valeur est à adapter à chaque profil de collaborateur
: la charte, c'est le coupon de tissu, au manager de tailler le costume
sur mesure en fonction du type de personne qu'il a à gérer
! Ceci nécessite de la part du manager d'intégrer une donnée
incontournable : en plus de ses clients finaux, clients directions et clients
actionnaires, il doit rajouter ses clients collaborateurs, dans la plupart
des cas les clients les PLUS importants pour lui ! Il doit donc consacrer le
temps nécessaire pour apprendre à décrypter chaque membre
de son équipe comme il le ferait avec son fichier de prospects ! Le
manager à la porte close et aux oreilles hermétiques aura peu
de chance de connaître son équipe et donc de savoir comment adapter
chaque valeur à chaque profil.
Dans le même sens, et de façon tout à fait cohérente,
les principales raisons évoquées dans l'enquête concernant
la démotivation professionnelle sont les suivantes :
- Pas de respect : 30%
- Pas de valorisation, de reconnaissance : 27,8%
- Mauvaise ambiance de travail : 20,5%
Et qui en est le principal responsable ? Encore une fois le management direct
et indirect ! Demandez donc à un professionnel ayant une ancienneté de
10 ans dans l'entreprise d'utiliser une nouvelle application informatique,
vous rencontrerez certainement des résistances explicites. Demandez
maintenant à cette même personne de manager son équipe
différemment en l'écoutant davantage, en privilégiant
la décision participative et la mise en valeur des résultats
de chacun, et, là, vous rencontrerez la pire des barrières: l'invisible,
qui se cache derrière des «bien sûr, c'est très
important d'être proche de l'équipe, de l'écouter»,
sans qu'aucun acte concret ne s'ensuive ou, pire, quelques actes...
démagogiques ! Pourquoi ?
Crise de confiance entre les différents niveaux de la hiérarchie
Première raison : parce qu'il existe une réelle crise de
confiance entre les différents niveau de la hiérarchie au sein
de l'entreprise : le comité de direction, fort de sa connaissance
des secrets petits ou grands et de la stratégie de l'entreprise,
le management intermédiaire qui, à force de rachats, fusions,
etc., ne sait plus qui écouter, et enfin, le «petit personnel» qui
se contente de faire le dos rond en attendant que «ça passe».
Deuxième raison : parce que, tout simplement, certains managers ne savent
pas gérer autrement leurs équipes.
Les conséquences sont redoutables et bien plus coûteuses qu'on
ne se l'imagine. Et derrière les réponses sur les conséquences
de la démotivation - «mauvaise qualité de travail» (50,8%
des réponses) et «désintérêt vis-à-vis
du travail» (45,6%) - se cachent des désastres économiques
: erreurs, rupture de production, chute de la productivité avec, en
bout de chaîne, la démission (24%). Effet immédiat : la
non attractivité de l'entreprise ! En effet, les meilleures recrues
iront vers une entreprise structurée avec un système de valeurs
et des procédures établies et seuls resteront les collaborateurs
qui n'ont pas d'autre choix.
En ce qui concerne ce que les enquêtés considèrent comme
les principales qualités managériales, elles correspondent tout à fait à ce
que nous observons quotidiennement sur le terrain : est apprécié le
manager respectueux, poli et gentil (38%), à l'écoute (33,6%).
Et parmi les principaux défauts du manager : favoritisme, inéquité à 17,6%,
manque de respect à 16%.
Ainsi, si nous voulons résumer le trio gagnant : respect, écoute
et équité, nous en arrivons à «profiler» le
manager idéal (voir encadré).
yasmina chbani
www.lavieeco.com
2006-04-21
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