La Vie éco Carrières
Faire monter les enchères peut très vite se retourner contre vous
Inscription dans les annuaires, participations à des colloques ou congrès, interviews à la presse..., de bons moyens pour se faire remarquer.
Attention ! S’informer sur le chasseur de têtes quand on est approché pour
la première fois et ne pas faire ouvertement monter les enchères.

Mohamed benNouna DG de F2V
On peut négocier jusqu’à 25% d’augmentation mais, si
la mission est très intéressante, on peut vous imposer jusquà 10
% de baisse de salaire avec des opportunités de promotion très
rapide.
Tout le monde n’a pas eu la chance de recevoir un jour le coup de fil d’un consultant lui offrant un job sur un plateau. Le jour où cela arrive, on ne sait comment gérer la situation et la compétence ne suffit pas. Il faut aussi savoir se faire vendre. Explications avec
Mohammed Bennouna, DG de F2V, cabinet spécialisé dans la force
de vente et le recrutement de hauts potentiels dans le commercial.
La Vie éco : Quelle est la meilleure approche pour séduire
un chasseur de têtes ?
Mohammed Bennouna : Je recommande de préparer le terrain en amont, dans
une perspective globale de gestion de carrière.Tout manager devrait
jalonner son parcours professionnel d’un certain nombre d’empreintes
qui, le moment venu, permettront au chasseur de têtes de remonter jusqu’à lui.
Pour faciliter son identification, il doit s’inscrire dans l’annuaire
des anciens de son école, dans les annuaires professionnels, dans les
associations sectorielles et sur les listes des participants aux manifestations,
salons, congrès, conférences ou forums. A moins que l’entreprise
ne mette son veto de peur de voir ses meilleurs éléments se faire
harceler, comme c’est le cas dans certaines entreprises de la place,
on peut accorder des interviews à la presse et ce, pour développer
une réflexion sur tel ou tel sujet. Cela permet de mettre en valeur
l’ouverture d’esprit, la capacité d’analyse et bien
sûr se faire connaître auprès des recruteurs qui mènent
une veille attentive via la presse. Mais la meilleure façon de s’assurer
que les chasseurs de têtes auront vent de son parcours et de ses compétences,
c’est de leur faire parvenir un CV.
Un bon CV et une bonne expérience sont-ils suffisants
?
Plus que jamais, le contenu du CV impose clarté et concision. Les critères
techniques sont indispensables mais insuffisants. Au même titre que la
vente d’un produit ou d’un service, les caractéristiques
techniques doivent être appuyées, lors de l’entretien, par
des informations sur l’expérience, le comportemental... En insistant
sur le dernier poste occupé, je suis, pour ma part, les évolutions
professionnelles du candidat, la mise en avant de ses performances au travers
du descriptif de missions réussies.
Comment réagir à la proposition d’un chasseur
de têtes?
Il arrive que l’on soit gêné pour parler, mais il ne faut
pas s’inquiéter car le chasseur de têtes a l’habitude.
Par précaution, il faut laisser son numéro de portable et se
faire rappeler lorsqu’on a un doute. On peut également proposer
de rappeler le chargé de recherche en prenant son nom et vérifier
que le cabinet existe bien. Le chargé de recherche posera des questions
pour s’assurer que le profil correspond à ce qu’il recherche.
Quant au candidat, il devra essayer d’obtenir un maximum d’informations.
En général, il n’obtiendra pas le nom du client. Mais il
faut essayer d’en savoir le plus possible pour bien préparer l’entretien.
Il peut être intéressant pour le candidat de demander au chasseur
comment il a pu avoir ses coordonnées.
Si le candidat est chassé, il peut négocier jusqu’à 25
% d’augmentation. Mais ce n’est pas systématique : les entreprises
adoptent en général les pratiques du marché. Par contre,
si la mission est très intéressante, on peut même vous
imposer jusqu’à 10 % de baisse de salaire. C’est une concession
provisoire parce que le poste présente des opportunités de promotion
très rapide, avec à la clé une révision importante
de la rémunération.
D’autres précautions à prendre
?
Souvent, le candidat est tenté de faire monter les enchères en
mettant en concurrence le chasseur de têtes et son employeur. Je ne conseille
pas de suivre cette voie qui permet d’obtenir une augmentation de salaire
de son employeur actuel. En effet, s’il ne peut se passer de son collaborateur,
il la lui accordera, mais il sera tenté de le lui faire payer plus tard.
Il est plus habile de laisser entendre que l’on a été contacté par
un chasseur de têtes, sans rien demander.
Parmi les précautions à prendre, ne jamais mentir à un
recruteur. Certains font croire qu’ils sont encore en activité alors
qu’ils ont été remerciés plusieurs mois auparavant.
Généralement, les chasseurs sont bien informés.
Brahim habriche
www.lavieeco.com
2006-12-15
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